Kabu Kabu de Nnedi Okorafor

Titre :Kabu Kabu

Auteurice : Nnedi Okorafor

Traducteurice : Patrick Dechesne

Maison d’édition : Actu SF

Genre : Science-Fiction

Date de publication : 2013

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Il y ‘a dix ans maintenant (déjà ?) Je découvrais l’autrice Nnedi Okorafor avec son livre Qui a peur de la mort ? Ce livre a marqué un tournant dans ma vie de lectrice parce que j’ai découvert des histoires nouvelles, inédites pour moi. Mais on va replacer un peu de contexte là dedans et hop : qui est cette autrice ? C’est une romancière américaine d’origine nigériane qui écrit à la fois de la fantasy et de la science-fiction féministe. Pour exemple du petit raz de marée qui a été Qui a peur de la mort ?, ce roman a obtenu le prix World fantasy du meilleur roman en 2011.

Dans les thèmes qu’elle propose, il y ‘a déjà un lieu : l’Afrique et maintenant c’est un peu plus courant dans les écrits mais dites vous bien qu’il y a dix ans, en France, lire de la Science-Fiction africaine écrite par une autrice femme et racisée, c’était une petite révolution. On exit alors le héros de fantasy occidental qui va sauver le monde ou l’héroine telle une Guernièvre qui va tout faire pour sauver son peuple et trouver le bon mec. Ici, on a des femmes qui sont certes victimes des hommes parfois, de la guerre aussi mais qui n’ont pas besoin d’eux pour tracer leur chemin.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu du Nnedi Okorafor et, en parcourant ma liseuse en quête de quelques prévisions de lecture, voilà-t-y pas que Kabu Kabu était en attente. Il n’a suffit que de quelques soirées fatiguées pour que je m’oriente vers ce recueil de nouvelles, certaine que je risquais moins de m’endormir au milieu d’un chapitre. Et puis, si vous me connaissez un petit peu, vous savez mon amour des recueils de nouvelles. Vous êtes prêts pour un petit tour de celles -ci ?

Déjà, on va commencer par mon éclat de rire, ce par quoi tout a commencé il y’ a dix ans pour moi : la révélation qu’il y a autre chose dans la littérature qu’un Géralt de Riv avec sa grosse épée. Le nègre magique, c’est Lance le Brave qui est cet exact stéréotype. Il est bloqué en haut d’une falaise avec un artefact magique qu’il ne sait pas utiliser. Un sorcier Africain apparait pour le sauver, comme de bien entendu. Sauf que… c’est Nnedi Okorafor qui tient la plume. Osez et vous comprend .

Dans Kabu Kabu, c’est un peu la folie. Ngozi est une Américaine qui doit aller au Nigeria pour le mariage de sa soeur. Mais elle est en retard et elle tombe par hasard sur au taxi clandestin, qu’on appelle un Kabu Kabu chez elle. Elle va arriver à destination mais de manière bien étrange

Dans la tache noire, c ‘est un conte de deux frères mais un conte bien cruel. Cela parle de haine entre deux peuples et des conséquences sur les enfants métis nés d’un viol ou pas. Avec cette nouvelle, on quitte la légèreté pour retomber dans les thèmes de l’autrice.

Tomaki est aussi belle et triste que la nouvelle précédente. Dikeogu est un méta humain et doit faire réparer sa machine. Il tombe dans le magasin sur une femme portant une Burqa : Tomaki. Une histoire d’amour sous fond de religion et de haine des méta humains nait de cette rencontre. ici, on ne voit pas la Burqa comme nous les occidentaux : un instrument d’oppression des femmes. Ici, la Burqa permet justement l’anonymat pour des femmes oppressées par la religion. Belle piste de réflexion, non ?

Avec Comment Inyang obtint ses ailes, les vents de l’Harmattan et les coureurs de vent et Biafra, on garde le même thème des méta humains mais avec des époques différentes et des contextes différents. Est-ce que la fin sera différente ? A vous de le découvrir.

La maison des difformités, c’est une nouvelle horrifique qui met un peu mal à l’aise. C’est un peu comme dans Northanger Abbey de Jane Austen mais à la sauce Stephen King et Nnedi Okorafor applique cela sur deux adolescentes qui retournent au Nigeria par voir la famille de leurs parents et qui apprennent qu’il y a une vague de disparition d’enfants.

On continue dans la nouvelle horrifique Avec le Tapis ,deux soeurs achètent un tapis pour la nouvelle maison de leurs parents. Surprise quand elles arrivent, la maison a été vidée de son contenu. La nuit venue, les deux soeurs sont réveillées par des grattements mystérieux.

Sur la route, on part sur le clash entre traditions et modernités : une Américaine retourne au Nigéria pour voir sa tante et sa grand mère . Elles l’accusent d’avoir perdu son instinct Nigérian J’en dis pas plus mais on est entre le conte et la nouvelle horrifique .

Icône, c’est très bizarre. Deux aménicains vont dans un village pour chercher un groupe de terroristes. il se passe des trucs. On parle de journalisme et comment voir des groupes terroristes peut vous changer.

Popular mechanic…. On est toujours au Nigéria où les Americains exploitent le pétrole au détriment des Nigérians. Un homme se fait amputer le bras suite à un incident de pipeline . Il récupère un bras bionique suite à des expérimentations médicales, et pour ceux qui se demandent : oui, cela arrive souvent dans la vraie vie. Cet homme va utiliser ce bras pour piquer du pétrole aux Américains. En cela, j’ai beaucoup aimé cette nouvelle.

Dans l’artiste araignée, l’autrice reprend au thème cher aux Amateurices de Science -Fiction : l’éveil de la conscience des robots. Ici, c’est avec une jeune femme et sa guitare

Bakasi, c’est l’histoire d’une croyance en la magie de la bosse d’un bossu. Mais que se passe-t-il quand un bossu se prend de passion pour la politique ? Il devient un dictateur ! Cette nouvelle nous fait réfléchir sur le pouvoir et le charisme des dictateurs et la force que possède leurs opposants .

Séparés est l’histoire de deux personnes qui ont un coup de foudre. Leur amour est si fusionnel qu’on les considère comme une seule personne. L’arriivée de leur enfant va changer tout cela.

La guerre des Babouins est pour moi une parabole du harcèlement scolaire car, en lisant l’histoire de l’autrice, je sais qu’elle en a été victime. Des adolescentes trouvent un super raccourcis pour aller à l’école mais elles se font attaquer et voler leurs déjeuner par des Babouins. Elle sont effrayées mais elles décident de se battre. Qui va gagner ?

L’affreux oiseau est une nouvelle toute mignonne sur un ornithologue qui cherche à prouver que le dodo a survécu. Il nous montre que cet oiseau est loin d’être stupide mais qu’il est plutôt empathique. Un peu comme quand on parlait du mythe du bon sauvage et de civilisations africaines avant en les qualifiant de primitifs ? Je vous laisse faire le lien.

Le Bandit des palmiers raconte l’histoire d’une jeune fille qui récolte du vin de palme alors qu’elle n’a pas le droit et que c’est interdit aux femmes. Par son acte, une légende nait qui autorisera les femmes à grimper aux arbres et récolter de la sève de palme.

Dans l’homme au long Juju, c’est un conte sur un être surnaturel farceur et une petite fille qui se croit beaucoup trop intelligente. Ce conte est trop mignon et le message sur la confiance en soit est top.

Zula de la cour de récré au quatrième et la fille qui court, cela traite de racisme et de perception des genres quand on est ado. La première, de manière très héroique, avec le parallèle avec Conan le Barbare. La deuxième, de manière plus ancrée dans le réel, car elle fait écho au passé de l’Autrice .

Vous voyez ? Beaucoup de nouvelles avec des thèmes et des genres très différents. Cela démontre le talent de l’Autrice car l’ensemble reste très cohérent et, surtout, très facile à lire. Vous en trouverez forcément une qui vous plaira.

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