
Titre : Asuka
Auteur : Aurélien Police
Maison d’édition : Editions Marmailles et compagnie
Genre : Conte
Où trouver le livre ? Clique ici
De passage à la librairie, on m’a chaudement recommandé un livre illustré : Asuka d’Aurélien Police, et c’était bientôt Noël. Il faut savoir qu’à chaque Noël, j’offrais toujours un roman graphique à mon oncle, et c’était tout le temps des semaines de recherches. Pendant la remise des cadeaux, on se racontait toute cette phase préparatoire et, le lendemain, au réveil, on se le lisait. Maintenant qu’il n’est plus, les automatismes restent : dès octobre, je cherche un graphique. J’ai décidé que j’en prendrai toujours un pour le lire le 25 décembre.
Le jour de ses quinze ans, Asuka s’apprête à faire la démonstration de ses pouvoirs. C’est une Plieuse, une personne qui peut créer des objets, des plantes ou des animaux par son souffle. Sauf qu’Asuka n’est pas très douée et que son père, un guerrier, ne la soutient pas, car ce qu’il voulait, c’était un garçon. Quand la montagne sacrée se déchire et menace l’Empire, son père décide de partir en guerre. Elle décide d’y aller pour chercher des réponses.
Comme vous pouvez le deviner, Asuka est une quête initiatique d’une jeune fille. Mais il y a aussi l’impact des illustrations d’Aurélien Police, qui a vraiment un effet waouh. Enfin, il y a ce que ce livre raconte, dans son contexte, mais aussi dans le mien puisque, vous l’avez deviné, je ne l’ai pas lu par hasard.
Dès les premières pages du roman, on assiste à la naissance d’Asuka. Sa mère est très contente, car elle a donné naissance à une Plieuse comme elle, et sa lignée produit des Plieuses de moins en moins douées. Son mari, lui, n’est pas ravi, car il voulait un guerrier et considère que les Plieuses ne servent à rien. Asuka a donc grandi dans un climat peu propice à son épanouissement, entre sa mère qui est dans la nostalgie d’une époque révolue et son père qui la désapprouve.
Et pourtant, Asuka décide de partir vers le danger afin de trouver une solution autre que la guerre face à la menace qui arrive. Cette menace, ce sont des torrents d’encre se déversant dans son monde de papier. Dans son voyage, elle va rencontrer des gens qui vont l’aider, et surtout un jeune garçon qui lui apprend à maîtriser ces flots. De leurs échanges naîtra le moyen de préserver son monde de l’inondation. Asuka reviendra chez elle avec ses nouveaux savoirs.
Vous voyez, c’est un conte initiatique très classique. Mais qu’en a fait le dessinateur, Aurélien Police ? Parlons un peu technique. Aurélien Police fait des dessins, puis utilise le graphisme pour mettre en valeur ses créations. Ainsi, lorsqu’on est dans le monde d’Asuka, tout est dessiné et retranscrit comme si l’univers était un origami. On aura des traits assez droits, un monde sec et peu de couleurs. Quand on arrivera vers la montagne, il parvient à montrer le côté très liquide, sirupeux de l’encre. Et il arrive aussi à montrer l’alliance des deux à la fin. Ces illustrations sont absolument magnifiques. Chaque page pourrait être un tableau en lui-même.
Et puis, il y a les thèmes de l’œuvre, qui tournent autour du conte initiatique : le dépassement de soi, la force de l’héritage maternel et l’ouverture sur le monde avec la rencontre du jeune homme, mais aussi de son peuple. Cela lui permet, au travers des échanges, d’améliorer son Pliage, mais aussi, et surtout, d’enrichir son peuple. J’ai bien aimé, car je savais dans quoi je m’embarquais. Sauf que je n’ai pas été surprise, et je pense qu’avec de telles illustrations, j’aurais peut-être aimé l’être. Peut-être que je n’étais pas d’humeur à lire un conte initiatique. Parce que, peut-être, c’était mon graphique de Noël.
Mais quand on y regarde de plus près, le 25 décembre, dans mon fauteuil, en attendant l’épisode de Noël de Doctor Who, j’étais bien. J’ai apprécié l’histoire. J’ai apprécié les illustrations. Pour tout vous avouer, je pense que j’avais mis trop d’attentes dans Asuka, qui a très bien fait le job. C’est un roman illustré qui se lit très bien si vous êtes dans un esprit cocooning. Vous pouvez le lire seul ou avec des enfants. Il couvre un très large spectre. Alors, pour ce coup, je ne sais pas pourquoi j’ai été un peu grognon sur la fin. Comme quoi, l’expérience de lecture, ce n’est pas que le travail de l’illustrateur… J’espère faire mieux mon job de lectrice la prochaine fois.
Répondre à Le Nocher des livres Annuler la réponse.