• Fragile/s de Nicolas Martin

    Titre : Fragile/s

    Auteurice : Nicolas Martin

    Maison d’édition : Au diable Vauvert

    Genre : Science Fiction


    Date de publication : 24 Août 3035


    Où trouver le livre ? Clique ici

    Il y a des personnages publics qui vous inspirent confiance de manière instinctives et d’autres par leur travail, leur chemin de vie. Nicolas Martin fait partie de ces personnes là. Homme multidisciplinaire, il a eu plusieurs casquettes dans sa vie. Et puis, il y a l’engagement pour des causes qui me tiennent à cœur aussi. Je vous laisserai éplucher sa bio pour cela mais elle vaut le coup d’œil : il a eu une vie palpitante. Fun fact, je ris toute seule en ce moment même d’écrire son nom de famille car c’est celui de mon grand-père. Heureusement pour nous deux, le nom Martin est très courant en France. Nicolas Martin, je l’ai découvert avec son émission La Méthode Scientifique où j’ai eu cette révélation que j’aimais vraiment me tenir au courant de cette actualité alors qu’à la base, j’y allais pour des recommandations de Science Fiction. C’est amusant, la vie, parfois, quand on est un peu curieux. Aussi, quand il a sorti la Naissance du savoir, j’ai pris le livre et je me suis éclatée à le lire. C’est ainsi que je vois qu’il annonce cette année que son premier roman sortirait le 24 Août 2024 et, évidemment, je l’ai lu à sa sortie.

    Ce roman, c’est Fragile/s dont vous n’avez la chronique que maintenant parce que, depuis, j’ai participé à deux podcasts avec ma comparse Pomme sur ce livre. Et si j’ai tardé, c’est parce que je n’avais pas envie non plus de vous en faire une bafouille rapide. Parce que ce roman m’a marquée. Je me souviendrai longtemps de la nuit où j’ai lu Fragile/s, un cochon d’inde au creux du cou, mâchouillant son céleri, à la fin de l’été. L’histoire m’a marquée parce qu’elle a raisonné en moi sur différents niveaux, que ce soit en politique ou dans ma vie personnelle. Et l’écriture de cet auteur me parle aussi. Il a donc dû être nécessaire pour moi de faire un vrai travail de tri pour ne pas trop en vous en dévoiler mais pour vous, et bien de lire toute cette tartine que je risque de trouver insipide dans quelques heures. Maison va se dire qu’on se fait confiance mutuellement pour se lancer dans l’aventure.

    Fragile/s, qu’est-ce que c’est ? C’est un roman paru depuis le 24 Août 2024 au Diable Vauvert. Pour celleux qui aiment les étiquettes, c’est un roman classé dans l’anticipation et dans la dystopie. Alors oui, mais pas que. C’est aussi, selon moi, un roman de société. Ce que cela raconte, en gros, c’est qu’on est dans un futur, en France. La fertilité s’effondre et la plupart des enfants naissent avec le syndrome de l’X Fragile. Nous, on suit Typhaine qui a déjà eu une fille, Madeleine, atteinte de ce syndrome. Elle est en couple avec Guillaume. Elle travaille comme avocate dans le sociale et lui dans la politique dans un parti d’extrême droite. Ils veulent changer le système de l’intérieur. Et pourtant, grâce à ses relations dans le parti, Typhaine peut faire partie d’un programme de génoembryonlogie pour avoir un enfant dit normal et peut être même plus. Nolan est né et le pays bascule dans la dictature.

    Pour celleux qui se demandent, oui, on est dans de la Science Fiction parce que pouvoir modifier un embryon génétiquement, ce n’est pas vraiment possible actuellement. Et c’et interdit légalement si vous vous posez la question selon le paragraphe I de l’article 23 de la loi déférée remplace, à l’article L. 2151-2 du code de la santé publique. Mais pour faire un peu de Science Fiction, l’auteur va nous l’ancrer dans le réel. Et pour cela, il y a ce syndrome de l’X fragile qui est bien réel. C’est une maladie génétique qui est due à une mutation du chromosome X (même en ne faisant plus d’émissions scientifique, cet auteur me fera faire des recherches scientifiques, tsss). Les garçons en sont donc plus touchés que les filles. En gros, la plupart des personnes atteintes par cette maladie on un retard intellectuel allant de léger à sévère. Cela touche aussi leur comportement car elles ont des difficultés à s’intégrer socialement, ont une hypersensibilité sensorielle, des comportement répétitifs aussi et il en résulte qu’elles ont de l’anxiété, de l’impulsivité par exemple. Des recherches sont bien en cours. On ne peut pas en guérir mais on peut les prendre en charge, plus ou moins bien, selon votre milieu social ou votre emplacement géographique. Quant au contexte politique, rappelons qu’en 2024n en France, il y a une montée de l’extrême droite sans précédent, des minorités qui sont encore plus stigmatisées, un dialogue politique et sociale rompu et un certain mélange entre les différents pouvoirs, ce qui pourrait peut être nous faire demander si on est toujours en République. On peut dire donc qu’on glisse doucement vers le régime politique présent dans le livre.

    Fragile/s, de prime abord, va vous parler de fertilité, de dictature et comment on va associer tout cela. En effet, je vous ai signalé dans le résumé que Typhaine et Guillaume ont une fille du nom de Madeleine atteinte du syndrome de l’X fragile. Et comme nous sommes dans un gouvernement d’extrême droite, autant vous dire que vous pouvez oublier des choses importante comme l’avortement. Vos conversations et vos écrits numériques sont surveillés aussi. C’est pour cela que Tiphaine va utiliser des carnets. En ce qui concerne le système judiciaire, vous l’oubliez aussi puisque l’on procède à des arrestations arbitraires, on peut envoyer qui ont veut dans des camps de réhabilitation, la peine de mort est rétablie, des gens disparaissent. Si vous êtes une femme, par contre, petit bonus : vous ne serez pas exécutée de suite, surtout si vous ne transmettez pas l’X fragile. On vous pompera vos ovules avant. Quant à ce programme génique, ne pensez pas que votre enfant vous appartiendra pour de vrai : votre foyer sera scruté et une assistante sociale / nourrice viendra vous observer continuellement, rapportant vos moindres faits et gestes. Et si vous avez un précédent enfant avec un X Fragile, il serait peut être temps de le placer aussi. Pour éviter un environnement stressant pour cet enfant parfait. Ah oui, le fameux sujet de l’immigration, cher à l’extrême droite. Vous ne pourrez pas immigrer en France, sauf si vous avez une réelle utilité ou alors si vous avez des enfants sains. Mais on vous les prendra pour les placer. Pour leur bien évidemment et on les fera adopter par de “bons Français”.

    Typhaine, cela ne la dérange pas d’avoir Madeleine parce qu’elle aime sa fille. Par contre, cet autre enfant, Nolan, elle a du mal à l’aimer car il ne lui appartient pas non plus. Sauf que Guillaume voudrait un enfant normal pour son avancement, pour avoir moins de problèmes, que sais-je ? Des trucs de mecs, quoi. Et c’est sans trop se préoccuper du consentement et de la carrière de Typhaine qu’il l’inscrit à ce programme. Et Typhaine a une telle pression qu’elle n’osera pas dire non, non plus. Elle va donc perdre ses droits sur son propre corps, sur son propre mental car tout est fait pour ne pas la soutenir et pour la faire craquer afin d’enlever toute influence qu’elle pourrait avoir sur cet enfant. Elle va perdre sa fille car oui, tout sera fait pour placer Madeleine. Elle va perdre son emploi car c’est quand même mieux d’être à la maison pour élever ce fils parfait. Et elle devra aussi trier ses relations car il serait malvenu d’avoir des connaissances qui seraient contre le gouvernement. Typhaine sera isolée et coupée de son monde dès l’instant où Guillaume prendra la décision d’avoir cet enfant. Et comme Typhaine a du caractère et qu’elle veut avoir ses propres opinions, on la traite de folle, la diagnostique, l’abrutit chimiquement pour la placer aussi. Parce qu’elle ne correspond pas à ce qu’on attend d’elle. Et si vous pensiez que son époux va la soutenir parce qu’il l’aime… Et bien je vous laisse relire le début de ce paragraphe.

    Alors, vous allez me dire : c’est de la Science Fiction. C’est pas comme ça dans la vraie vie, ma petite Koré (désolée, mais je vous imagine du genre masculin quand vous me dites cela). Avant toute chose, avant que qui que ce soit me dise que je ne sais pas de quoi je vais parler, on va dire les choses de suite : je suis mère de famille et j’ai déjà avorté. Autant je vais bien vous démontrer à quel point Nicolas Martin a fait plus un roman social qu’un roman dystopique, en ayant totalement conscience que je suis blanche, non racisée et hétéro. Donc plutôt dans la partie privilégie de la gente féminine (et j’en reviens pas d’écrire cela).

    On va déjà parler d’injonction à la maternité. C’est toujours sympathique pour commencer un argumentaire. J’ai aujourd’hui 42 ans (donc périmée pour beaucoup d’hommes) et j’ai eu deux enfants. Vous pensez que c’est assez ? On me demande encore régulièrement pourquoi je n’ai pas de petit troisième. Et pourquoi je ne suis pas mariée non plus ni pacsée alors que je suis en couple. C’est pas normal. Ayant beaucoup de difficulté avec la contraception hormonale, j’ai eu l’occasion aussi d’expérimenter l’avortement plusieurs fois. Vous n’imaginez pas le parcours que c’est, les jugements que l’on peut avoir Les retards sur les suivis médicaux. Et ne pensez pas que l’on vous laissera vous reposer après, car j’ai repris l’après midi même. Et c’est un sujet tabou aujourd’hui encore. Sans compter que les premiers rendez vous, c’est dans un endroit où il y a pleins de femmes enceintes. Vous avez votre dossier en main avec toutes les échographies. Vous imaginez la violence du truc ? Et à l’époque, on a grandement supposé aussi que je me trompais dans la prise de ma contraception, parce que évidemment c’était de ma faute. Jamais de mes partenaires. Qui n’ont jamais vu le moindre bout de rendez vous à ce sujet. Parfois même j’ai dû le cacher pour éviter qu’on me traite de tous les noms. Avec l’implant contraceptif, j’ai gagné un répit après la naissance de mes enfants mais j’ai gagné aussi 15 kgs. J’ai bien entendu pensé à me faire ligaturer les trompes mais il y a dix ans, c’était plus qu’un parcours du combattant, que j’ai perdu d’ailleurs. La plus belle remarque que j’ai eu c’est quand on m’a demandé ce que pensais mon compagnon de cette opération. Tout, absolument tout dans notre société actuelle oriente les femmes vers la maternité. Quand on parle d’avortement, on est jugées. Quand on parle de ne pas avoir d’enfant, on est jugées. Quand on ne peut pas en avoir, on est jugées aussi.

    Mais attendez, ce n’est pas encore fini. Si jamais vous tombez enceint.e, vous aurez toutes les injonctions sur votre grossesse. Votre corps sera ausculté en permanence. Il faudra être active, mais pas trop. Avoir une vie très saine, mais fun et réjouie en n’oubliant pas de faire tout le social sur l’évènement. Si vous avez une fausse couche, vous serez invisibilisé.es, sachez le. On vous parlera juste de la “prochaine fois”, car tout sera fait pour recommencer. Si vous avez du mal à tomber enceint.e, j’espère pour vous que vous ne serez ni obèse, si malade, ni racisé.e. Et que vous êtes en couple hétérosexuel aussi. Sinon ça va être galère. Et faites aussi des enfants dans la bonne tranche d’âge. Assez mais pas trop non plus. Vous l’aurez deviné, votre corps ne vous appartient déjà plus. Mais ne pensez pas non plus que cela va s’arrêter à l’accouchement. Car on vous dira aussi comment allaiter votre enfant, et cela dépendra des tendances du moment, comment il doit se coucher aussi. Et si vous loupez le moindre rendez vous, on vous jugera socialement. Ah oui, et si vous pensez que votre enfant a quoi que ce soit, ne pensez pas qu’on vous écoutera. Je le sais, je l’ai vécu. On ne prendra pas compte non votre baisse hormonale juste après et la dépression qui en découlera. On sous entendra que vous aimerez votre enfant de suite. Au premier regard. On vous demandera de vous remettre en forme, de vous réintégrer socialement mais dans un groupe de mères de famille, d’ignorer vos cicatrices et votre corps pour vite relancer le désir de votre partenaire parce que, oui, vous devez être aussi un couple.

    Alors, parle-t-on vraiment de Science-Fiction dans Fragile/s? Je ne pense pas. On parle de projection de société, oui, mais croyez moi, dans cet univers encore fortement patriarcal, cette projection semble inéluctable. Alors pourquoi ne pas se révolter ? Et bien je vous renvoie à Typhaine/ Tout est fait pour étouffer les révoltes, tout est fait pour que l’on se taise. Et surtout, tout le monde ne peut pas être totalement intègre, soyons honnête deux minutes et regardons nous. Nous faisons tous.tes des compromis que ce soit dans nos foyers que dans le travail, que dans nos entourages, que dans la société. Je le répète, tout le monde fait des compromis avec ses convictions, moi la première et c’est un des sujets principaux de ce roman. Nicolas Martin nous montre la réalité de la vie des gens, il nous poste un miroir notre présent. Commet vivre dans une société où on a le sentiment d’avoir perdu le combat ? Comment composer avec une société qui nous silencie ou qui ne nous correspond pas?

    Et pourtant, il va redonner la parole aux femmes de ce roman. Il va mettre en lumière leurs actions et leurs sentiments. Si vous pensiez que ce roman va parler énormément de cet enfant parfait qu’est Nolan, vous vous trompez. La place sera prise par Madeleine, que ce soit dans le roman ou dans nos cœurs. C’est Typhaine aussi, fragilisée, écrasée par ce système qui prendra la lumière. Car si Typhaine n’est pas parfaite, c’est une survivante à ce système, comme tant d’autres. C’est leur chemin de vie et leurs décisions, que vous soyez d’accord avec elles ou pas, qui vont vous marquer.

    Est ce que ce roman est bon ? Il est excellent. Je vous le rappelle, je l’ai lu en une nuit. Et je ne regrette rien (et pourtant cela a bien piqué le lendemain). Est ce qu’il est parfait ? Sûrement pas ! Car ce sont les imperfections de ce roman qui le rendent mémorable. Et Nicolas Martin manie cela avec brio. En changeant de style, en explorant différents types de récit, en le rendant visuel, en utilisant toutes les facettes des multiples vies qu’il a mené. Il nous balance des chapitres courts pour vous tenir en haleine (comprenez pour vous empêcher de dormir). Fragile/s vous fera poser des questions sur le monde dans lequel nous vivons mais aussi sur vous même : vos forces, vos faiblesses, vos limites. La vraie question est : prêt.es à être bouleversé.es ?

  • Le Maître de Claire North

    Titre : Le Maître

    Autrice : Claire North

    Traducteur : Michel Pagel

    Maison d’édition : Le Bélial

    Genre : Fantasy

    Où trouver le livre ? Clique ici

    La trilogie s’achève avec « Le Maître ». Si vous avez encore des doutes sur les deux premiers tomes, allez voir les chroniques du tome 1, « Le Serpent », et du tome 2, « Le Voleur ». Maintenant que vous êtes dans l’ambiance, embarquez avec moi dans « Le Maître ». Que raconte-t-il ?

    On retrouve Argent, un joueur intriguant de la Haute Loge que l’on a déjà croisé dans les deux premiers tomes. Cette fois-ci, c’est différent : Argent se lance dans le Grand Jeu. Il veut détrôner la Maîtresse de la Maison des Jeux. Pour cela, il devra apporter ses propres cartes. L’enjeu ? L’avenir même de la Maison des Jeux.

    Ici, le jeu est poussé à son paroxysme. L’autrice nous livre tout cela en 150 pages. On découvrira peut-être enfin ce que représente Argent. On comprend un peu mieux les enjeux de la Maison des Jeux, mais l’autrice ne nous dévoile pas tout. La fin reste ouverte, et c’est vraiment ce que j’aime dans cette trilogie : avoir cette histoire avec Argent, sans tout savoir pour autant.

    J’apprécie le fait de devoir imaginer la suite, de spéculer sur l’histoire d’Argent avant la Maison des Jeux. C’est fascinant, car on connaît l’entrée dans la Maison des Jeux avec Thene dans le premier tome. On comprend pourquoi les gens jouent grâce à Remy Burke dans le deuxième. Et maintenant, avec Argent, on découvre pourquoi on voudrait en sortir. Que peut-on y gagner ? Que peut-on y perdre ? Quels sont les buts des joueurs ?

    On devine les enjeux que représente la Maison des Jeux, mais là encore, on ne fait que supposer. Ce mystère persistant est, je crois, ce que j’ai préféré dans cette trilogie.

  • Un animal sauvage de Joël Dicker

    Titre : Un animal sauvage


    Auteurice : Joël Dicker

    Maison d’édition : Editions Rosie & Wolfe

    Genre : Thriller
    Date de publication : 27 Février 2024


    Où trouver le livre ? Clique ici

    J’ai un petit plaisir coupable avec ma copine Melcouette : à chaque sortie de Joël Dicker, on se le lit en duo et en audio. J’avais découvert Joël Dicker avec la Vérité sur l’affaire Harry Québert. De cet auteur, j’ai tout lu à part le tigre dont le résumé ne me tente pas. Mais ce n’est pas le sujet !

    Un animal sauvage, cela raconte quoi ? Le 2 Juillet 2022, deux cambrioleurs s’attaquent à une bijouterie. Deux ans plus tôt, sur les rives du Lac Leman, Sophie fête ses quarante ans. Un de ses voisins, un policier, est fasciné par elle. Son mari a des soucis. Et un rôdeur survient.

    Vous vous sentez perdu par ce synopsis ? C’est tout à fait normal puisque c’est la particularité de l’auteur. Il aime vous faire voyager dans le récit, au travers différents points de vue dans le désordre le plus total. Si vous vous décidez à lire du Joël Dicker, dites vous que vous ne maîtriserez rien. Il faut que vous acceptiez de vous laisser porter totalement par le récit. Vous assemblerez les pièces plus tard.

    Et le résultat fonctionne puisque, au final, votre cerveau passera son temps à turbiner tout le long du livre. Et je dois dire que, en faisant totalement l’impasse sur l’intrigue, j’aime beaucoup cette pause « turbinage » dans mes lectures. Je sais comment fonctionne l’acteur, je connais le principe aussi, pour moi, une sortie Joël Dicker fait partie de mes lectures un peu plaisir coupable de l’été.

    Maintenant qu’on a déterminé que la structure même du roman allait me faire passer un bon moment, est -ce que les personnages et l’histoire m’ont touchée ? Et bien ce n’est ni une réussite ni un échec. Ce roman est, pour moi, dans la moyenne. En même temps, ce n’est pas de sa faute. Selon moi, quand vous lisez le livre des Baltimore qui, dans son récit, m’a réellement touché en plein cœur, c’est dur de faire mieux..

    Et puis, entre nous, est-ce si grave que ce récit ne m’ait touchée que moyennement ? Il est bien écrit. Il est rempli de twists étonnants ce qui est, je le répète, une spécialité de l’auteur. Cela a été un bon moment passé en fin de l’été et avec ma fidèle copine de lecture. Et c’est cela le plus important. J’espère que ce livre vous trouvera, vous touchera et vous donnera envie de lire.

  • Maîtresse des maîtresses de E. R Eddison.

    Titre :Maîtresse des maîtresses

    Auteurice : E.R Eddison

    Traducteurice : Patrick Marcel

    Maison d’édition : Editions Callidor

    Genre : Fantasy

    Date de publication : 1935

    Où trouver le livre ? Clique ici

    C’était l’été et j’aime bien, pendant l’été, de sortir de mes sentiers battus. C’est aussi l’occasion, parfois, de lire des classiques et là, j’ai eu l’occasion de découvrir un classique de la fantasy grâce au boulot formidable des éditions Callidor : Maitresse des Maitresses de E. R Eddison, publié initialement en 1935. Et oui ! On parle d’une fantasy avant le Seigneur des Anneaux.

    Mais E. R. Eddison, qui est-ce ? C’est un écrivain britannique de fantasy, un des premiers auteurs du genre, d’ailleurs, qui est connu pour son roman Le Serpent Ouroboros panu en 1922, situé sur la planète Mercure. Maîtresse des maîtresses fait partie d’une série du romans basés sur le monde de Zimiamvia. Ces romans ont un personnage qui fait le lien entre eux : Lessingham.

    Maîtresse des maitresses, c’est le roi Mézence qui règne sur trois royaumes. A sa mort, ils reviennent à son fils mais le fils n’a pas la poigne du père. Son demi-frère Barganax, va donc revendiquer le trône avec sa maitresse Fiorinda. Mais le vicaire de Rerek aussi aimerait être Roi. Il envoie donc son cousin Lessingham en négociateur. C’est dans ce contexte que va se voir jouer l’avenir politique de la Zimiamvia.

    Ma plus grande frayeur en commençant ce roman, c’est le traitement de la femme. Et oui, la question se pose puisque ce roman a été écrit en 1935. Et le style d’écriture aussi. J’avais un gros risque de lire un style lourd, désuet, pas facile à déchiffrer. Autant vous dire que j’y allais en freinant un peu. Sauf qu’on est en été . Je suis détendue et c’est sur le bord d’un lac que je me suis introduite dans ce récit.

    D’abord, vous aurez une préface d’Ellen Kushner et de Michael Swanwick pour vous situer l’importance de l’œuvre mais aussi leur propre histoire avec ce roman : comment ils l’ont découvert et leur expérience de lecture. Et puis je découvre le texte à mon tour, et je me prends ma claque.

    L’écriture pourrait paraître désuète mais je la qualifierai de poétique. On est transporté dans un monde totalement imaginaire. Les personnages sont tellement bien construits, au point que je me suis posée beaucoup de questions sur leurs buts. Ce ne sont pas des personnages archétypaux comme on a pu le voir si souvent en fantasy. Non, ces personnages sont résolument modernes. Oui, même les femmes ne sont pas des objets de désir ou des trophées. Ce sont des femmes qui prennent les choses en main.

    Je ne vous en dis pas plus car je ne veux pas vous dévoiler l’intrigue. Mais allez lire ce roman. Découvrez ce que E. R. Eddison a pu faire pour fonder la fantasy. C’était une belle découverte pour ma part.

  • PTSD de Guillaume Singuelin

    Titre : PTSD

    Auteurice : Guillaume Singelin

    Maison d’édition : Editions Ankama

    Genre : Bande Dessinée

    Date de publication : 2019

    Où trouver le livre ? Clique ici

    Début Aout, c’est l’anniversaire de mon oncle et c’est cet homme qui m’a fait découvrir les Bandes dessinées. Chaque année, je lui offre donc une bande dessinée pour son anniversaire. Sauf que, mon oncle est décédé l’année dernière et la question s’est posée. Parce que les habitudes sont tenaces, voyez-vous, que fin Juillet, j’étais en quête d’une bande dessinée. Que faire ? Finalement, je me suis dit que d’en lire une le jour de son anniversaire, c’était le garder un peu avec moi.

    Mais que choisir ? Il se trouve que je fais partie du Coin Lecture du Coin Pop, ce qui me donne à chaque fois des recommandations au graphiques absolument incroyables.. Récemment, l’équipe avait recommandé PTSD de Guillaume Singuelin, une histoire parlant de stress post traumatique, d’où le nom de la bande dessinée. Le PTSD, qu’est-ce que c’est ? C’est un type de trouble anxieux sévère résultant d’un traumatisme psychique qui se manifeste, chez un individu, à la suite d’une expérience impliquant une confrontation directe et personnelle à la mort potentielle, que ce soit sa propre mort ou celle d’autres personnes (Wikipedia).. Des symptômes sont divers et variés et les voici : la reviviscence, l’évitement, l’hypervigilance, la dissociation , le trouble anxieux, le sentiment de peur envahissant, les troubles du sommeil, l’agressivité et l’irritabilité, des troubles relationnels une vision faussée, des difficultés cognitives, la mésestime de soi, un syndrome dépressif, des troubles de l’addiction et des troubles du comportement alimentaire.

    Et maintenant, la Bande dessinée ? On suit Jun qui a été tireuse d’élite pendant une guerre fictive. Elle est revenue au pays avec un œil en moins et traumatisée. L’album va nous montrer le peu de prise en charge de ses personnes qui rentrent de la guerre, à part des médicaments, provoquant ainsi une forte dépendance. Se développe alors une économie parallèle et ces personnes se retrouvent dans la rue, livrées à elles-mème. L’histoire de Jun, cela raconte tout cela : la vie dans la rue, la communauté qui s’y crée, le rapports avec les habitants de la ville, les relations avec le dealer, les cauchemars sur la guerre. Et parfois, quelque chose de bien en sont, des solutions sont trouvées. Et parfois non.

    La lecture est un ravissement des yeux car les dessins sont juste magnifiques. Et l’auteur, en juste quelques pages, vous donne le sujet, les conséquences et les actions possibles. Elle montre que ces personnes revenant de la guerre, même amoché.es, restent des héros du quotidien. Que l’on ne doit pas seulement honorer les morts, mais aussi soigner et prendre soin de ceux qui reviennent. Pour moi, c’est le message de l’œuvre, sans pathos, sans cruauté gratuite, avec les mots et les images qu’il faut. Elle leur redonne une existence .

  • La sonde et la taille de Laurent Mantese

    Titre : La sonde et la taille

    Auteurice : Laurent Mantese

    Maison d’édition : Albin Michel Imaginaire

    Genre : Fantasy

    Date de publication : 2 Mai 2024

    Où trouver le livre ? Clique ici

    Au comité de lecture de ma librairie préférée, on m’a présentée la Sonde et la taille de Laurent Mantese. En gros, c’était la dernière aventure de Conan le Barbare, c’est écrit par un français et il s’est bien battu pour la publication du titre. Puis, on m’a lu un extrait très épique et limite rococo dans le texte. Et là, dans ma tête, plusieurs pensées très contradictoires surviennent. Et tout cela, bien sûr avant même d’avoir lu le synopsis.

    La première qui m’est venue est que c’était super génial d’avoir la conclusion des aventures de Conan. Déjà parce que j’avais lu cette saga il y ‘a une vingtaine d’années et que, même avant, j’avais vu les films avec Arnold Schwarzenegger. Ce personnage de fantasy a longtemps nourri mon imaginaire. Il a même sûrement contribué à ce que j’aime l’épique en Fantasy et même plus généralement les scènes de bataille. Conan le Barbare est bien plus qu’un héros de fantasy, c’est une icône de la pop culture et on ne sait absolument rien de la fin de sa vie C’est comme ça parce que des héros comme Conan se doivent de mourir dans une grande bataille pour que sa mort est un sens, pour le glorifier. Un peu comme Druss dont on voit le dernier combat dans la Légende de David Gemmel. Pour moi, Conan méritait au moins cette mort et le fait qu’un auteur se prenne au jeu de lui imaginer une fin était plutôt osée.

    Et deuxième pensée qui m’arrive. Ce n’est pas non plus un monstre littéraire qui s’en occupe, d’envergure internationale. Non, c’est un auteur français dont je connais vaguement le nom qui veut prendre un angle plutôt surprenant pour ce héros : la vieillesse et la maladie Jamais il ne me serait venu à l’idée d’imaginer un vieux Conan. Pour moi, il était éternellement jeune et combatif. Encore moins malade. L’idée même qu’il puisse être affaibli ne me venait pas. Mais l’auteur allait-il rendre épique cette mort ?

    D’où ma troisième pensée après avoir écouté cet extrait. Laurent Mantese a pris un soin tout particulier au style de son écriture. C’est épique . C’est même un régal à lire à haute voix et je suis très curieuse de voir ce que cela va donner en version audio.

    J’aime bien quand un héro ionique comme ça peut mener son dernier combat. Cela montre la force du mental plutôt que la force physique. C’est un message sur le temps qui passe, la vieillesse, les fêlures. C’est beau tout simplement. Et puis…

    La fatigue , personnelle et genrée tout simplement. Encore le récit d’un héro masculin qu’on valorisera une dernière fois. Encore le récit qui montrera qu’avec une tumeur sur certains attributs masculins, on est quand même un homme fier, Un héro ! Ce n’est pas la faute de Laurent Mantese. Ce n’est pas la faute de Conan. C’est la société actuelle, tout simplement. J’en ai discuté avec d’autres femmes. Oui, l’écriture des héroïnes change : nous ne sommes plus que des femmes dominées par nos sentiments amoureux qui s’élevons que pour l’amour d’un homme ou parce que nous avons subi des violences (sexuelles) par un homme. Ca évolue. Mais je me dis que le chemin est encore long pour que nous lisions le récit épique d’une femme à qui ont a ôté l’utérus, ou les seins et à qui on va encore célébrer son héroïsme ou sa féminité ? Quand aura -t-on le récit épique d’une personne qui doit se lever, juste se lever et faire une journée normale parce qu’iel a des règles douloureuses ?

    Mais je m’égare loin de Conan et de sa dernière aventure. Je m’égare loin du talent de Laurent Mantese qui a fait un texte épique de fou, qui n’a pas perdu le rythme pendant 500 pages. Cela se lit d’une traite. Alors oui, il y a étalage de violences, physiques, morales, sexuelles. La limite du trop loin était proche et il faut vous accrocher à la lecture. Je comprends le pourquoi de ce déchaînement de violence qui souligne les bienfaits du règne de Conan face à ce monde cruel et sauvage. En même temps aussi, je comprends l’auteur qui a la pression de s’attaquer au récit du Cimmérien. Est-ce que j’aurai fait différemment ? Surement … peut être ! Mais je ne suis pas autrice et je respecte son talent et sa vision.

    Alors, en attendant d’autres récits, mettez vous une bande son épique et allez lire la dernière aventure de Conan. Cet auteur s’y connait en écriture spectaculaire.

  • Le voleur de Claire North

    Titre : Le voleur

    Saga : La maison des jeux

    Numéro de tome : 2

    Auteurice : Claire North

    Traducteurice : Michel Pagel

    Maison d’édition : Le Bélial

    Genre : Fantastique

    Date de publication : 2015

    Où trouver le livre ? Clique ici

    Me voilà partie pour le deuxième tome de la saga du maître des jeux de Claire North et pour en savoir un peu plus sur cette autrice et cette saga, je vous renvoie à la chronique du premier tome. Dans le voleur, on rabat les cartes et on change de siècle et de lieu…

    Nous sommes à Bangkok, en 1938. On suit Burke, un membre de la Haute Loge. Il se réveille après une grosse soirée de beuverie et se rend compte, grâce au récit d’un autre joueur, Argent, qu’il a accepté un défit avec Abhik Lee. L’enjeu est sa propre mémoire. La nature du jeu est une partie de cache cache : ils ont un mois pour retrouver l’autre et ensuite les rôles sont inversés. Le terrain de jeu est la Thaïlande.

    Et pourtant, Remy Burke n’a pas l’habitude de lancer des défis en état d’ébriété. Et pourquoi donc l’enjeu est sa mémoire ? Pas le temps d’y réfléchir car le défi est commencé. On va voir ainsi comment faire une partie de cache cache sur la hauteur d’un pays, avec des moyens incluant l’administration et la police. Il y ‘a aussi les cartes distribuées qui semblent bien mal réparties. Pendant que Burke se cache et qu’on voit les pièces se mettre en place, ou réfléchit aux véritables enjeux de cette partie.

    On suit les mêmes chemins que le premier tome, le même fonctionnement mais avec en plus la recherche du pourquoi de cette partie et tout cela, bien sûr, en 150 pages. L’autrice arrive à la fois à nous rendre cette histoire familière de par sa structure mais surtout à la renouveler par le changement du jeu mais aussi des personnages. Et puis, il y a cette question supplémentaire qui nous titille. Cette question consolide aussi toute la saga.

    Encore une réussite par ce deuxième tome et j’ai hâte de vous dévoiler le grand final.

  • Le rôle fondamental du plombier dans le porno de Michael Petkov-Kleiner

    Titre : Le Rôle fondamental du plombier dans le porno

    Auteurice : Michael Petkov-Kleiner

    Maison d’édition : Editions Anne Carrière

    Genre : Essai Date de publication : 2020

    Où trouver le livre ? Clique ici

    L’histoire de ma vie : il y ‘avait une promo, je souhaitais une non fiction pour les vacances et un titre accrocheur. Une de mes bonnes copines me soumet le titre : Le rôle fondamental du plombier dans le porno, livre écrit par un journaliste qui a notamment été rédacteur en chef de Play Bay France : Michael Petkov – Kleiner. Le tout publié chez Anne Carrière.

    Le temps que je parte en vacances, je décide de ne pas trop m’attarder sur le synopsis mais le titre reste en tête , suffisamment pour que je ressorte le titre direct en faisant ma pile à lire de l’été avec Sarah. N’arrivant pas du tout à me reposer en voiture, je me dis qu’il faut que je commence par cette lecture en me demandant si j’allais avoir des réponses à toutes ces questions tout en évitant l’écueil d’un point de vue masculiniste sur le porno. Gros pari, je sais. Est-ce qu’il a été réussi?

    Alors, je ne vais pas du tout vous donner de suspense mais le pari n’a pas été tenu. Alors oui, je vous ai ambiancé et ne parlant que de son emploi de rédacteur en chef dans Playboy et j’avoue ne pas avoir cherché plus qu’une rapide recherche sur internet mais , le livre est brouillon. Apparemment, ce serait un souhait de l’auteur et pourquoi pas. Est- ce que j’ai appris des trucs que je ne voulais pas savoir. Oui. Exactement comme je suis tombée sur un film de charme sur M6 tard dans la nuit en m’endormant devant la TV.

    Ce qui m’attriste dans ce livre, ce n’est pas la forme. L’auteur a son propre style et sa propre manière d’enquêter et, je le respecte. La forme en elle même st plutôt été agréable à lire en fait. La lecture s’est même passée rapidement, pendant ce fameux trajet. Il a été publié et pourquoi pas ? Est -ce que cela va nous donner le point de vue d’un mec sur le porno. Oui. Mais cela ne vous apportera rien de plus. Pour moi, cela ne vous fera pas changer d’avis sur le sujet. Cela vous fera peut -être rire gras. Allez, pourquoi pas. Je peux le concevoir. Mais je ne suis absolument pas le public concerné, étant une femme. Donc, je passe à autre chose avec entrain.

    Vous me sentez peut être un peu amère et avec qui sait ? une envie de dégommer ce bouquin. Non. Peut être que je suis fatiguée de voir le même type de débat tout le temps. Et en même temps, ce livre n’en fait pas la promesse. Je ne peux pas l’en blâmer. C’est moi que je blâme en fait.

  • Le Serpent de Claire North

    Titre : Le Serpent

    Saga :La maison des jeux

    Numéro de tome : 1

    Auteurice : Claire North

    Traducteurice : Michel Pagel

    Maison d’édition : Le Bélial

    Genre : Fantastique

    Date de publication : 2015

    Où trouver le livre ? Clique ici

    Un jour comme les autres dans le Coin lecture du Coin Pop, un de nos comparses nous fait une recommandation : une trilogie fantastique avec la particularité que ce sont des formats courts. En effet, ce sont trois nouvelles parues chez la collection « Une Heure Lumière » de chez Le Bélial. Cette trilogie a été écrite par Claire North qui est le pseudonyme pour la Science Fiction de Catherine Webb. (Son autre pseudo est Kate Griffin). Cette autrice est Anglaise. J’avais déjà dans ma besace la Soudaine Apparition de Hope Arden, paru chez Milady mais je n’ai jamais sauté le pas. Ayant besoin et envie de lectures courtes pour cet été, c’était donc l’occasion pour moi de découvrir cette autrice, d’apprécier son écriture et d’avoir envie de lire ses autres livres.

    Mais revenons à Serpent, le premier tome de la Maison des jeux. Nous sommes à Venise, en 1610. Une jeune femme, Thène, se voit mariée à un homme plus vieux. Ce n’est pas un mariage d’amour puisque cet homme s’acharne à dilapider la fortune de son épouse à la Maison des Jeux. Cet établissement est un peu particulier. En effet, il apparait on ne sait pas comment dans différentes villes, mais on a l’impression qu’il est toujours là. Dans cette maison des jeux, il y a une Basse Loge et une Haute Loge. Dans la Basse Loge, vous y jouez de l’argent comme le mari de Thene. Mais si vous êtes doués, comme Thene, vous serez invités à jouer dans la Haute Loge où vous jouerez pour des empires et vos mises pourraient être des années de vie, des sens ou des souvenirs.

    La lecture de ce roman est particulièrement envoutante car notre narrateur est omniscient. Il nous invite à nous concentrer sur une personne, une situation. C’est lui qui va décider de ce que vous devez voir ou non. Cela implique que nous sommes l’observateur qui regarde par le trou de la serrure. On pourrait croire que cela nous coupe de l’histoire mais non. Cela nous oblige à analyser les actions des protagonistes. et les considérer comme des pièces d’un plateau.

    Car le jeu de ce tome, ce sont les échecs. Le plateau est une élection À Venise Au Xvième siècle. Pour gagner cette partie, chaque joueur détient des pions. Thene devra gagner cette partie en jouant des actions de différentes personnes. Cette nouvelle montre parfaitement comment se « joue » la politique. Ce qui est amusant, c’est qu’on se rend compte que les personnes qui sont en lice pour cette élections ne sont que des pions, sur un échiquier. Que les véritables acteurices de cette élection soit caché.es. Non seulement pour le récit en lui -même car c’est une idée extrêmement intéressante, mais regardez un peu autours de vous, analysez la politique actuelle Et peut-être que vous aurez un frisson dans le dos. Peut-être que lorsqu’une nouvelle tombera, vous vous mettrez à réfléchir sur le réel but d’une telle action, d’une telle décision.

    Et c’est ainsi que 150 pages pourront vous amener à une ou deux bonnes soirées de lecture. Parce que c’est aussi le plaisir de lire la plume de cette autrice, de voir la maîtrise qu’elle a de l’intrigue, de l’écriture de ses personnages en si peu de pages, de l’immersion totale qu’elle nous procure avec ses descriptions de Venise. Mais c’est aussi la possibilité pour vous d’avoir un regard sur l’actualité.

    Alors si vous tombez par hasard sur le Serpent, prenez le. Vous aurez quelques soirées de qualité.

  • Les oubliés d’Astrelune de Laure Dargelos

    Titre : Les oubliés d’Astrelune

    Auteurice : Laure Dargelos

    Maison d’édition : Editions Explora

    Genre : Fantastique

    Date de publication : 2021

    Où trouver le livre ? Clique ici

    Je recherchais des livres audio, parce que, parfois, j’ai juste envie d’écouter des histoires, et figurez vous dans l’Abonnement Audible, il y a parfois des romans à disposition pour l’écoute. C’est parfait pour moi pour découvrir de nouveau.elles auteurices et même parfois, de nouveaux genres. Pour les Oubliés d’Astrelune, c’était l’occasion pour moi de lire du fantastique jeunesse. Et clou du spectacle, c’est écrit par Laure Dargelos, une actrice spécialisée dans la fantasy .

    Qu’est-ce qui se passe dans les oubliés d’Astrelune ? On suit Holly qui est conservatrice de musée à Astrelune. Il faut savoir qu’une de mes passions dans la vie, c’est les musées donc Holly est foncièrement une personne que je souhaite connaitre. Son musée est un peu particulier parce qu’il regroupe des objets d’un monde qui a existé ou peut-être existé. On n’en sait pas plus. Elle vit dans un univers qui ressemble au nôtre mais pas tout à fait car il y a des personnes qui s’habillent en pyjama, il y a un régulateur de météo et des personnes qui ont un nuage sur la tête. Mais la sœur de Holly a disparu. La police ne faisant rien, elle s’allie avec un pirate du nom de Balthazar et d’un avocat passionné d’Histoire .

    Pendant ce temps, dans notre monde, on suit Sue, une lycéenne. On sait qu’elle n’a pas de très bonnes relations avec sa mère . Pour ses vacances, elle part au manoir de ses grandes tantes. Elles lui révèlent qu’elle fait partie d’une famille de magiciens mais qu’il n’y a plus de magie en ce monde.

    Comment ces deux histoires si différentes vont se rejoindre ? Je vous laisserai lire ce roman pour cela. Comme vous pouvez un peu le deviner dans le résumé que je vous ai fait, cette histoire va vous parler de la famille. Celles où tout se passe bien quand deux sœurs s’entendent à merveille Avec ce gouffre que provoque la disparition de l’une d’elle. A puis, il y a des familles où cela se passe moins bien quand une mère et une fille n’arrivent pas à dialoguer, à vivre ensemble. Qu’est -ce qui fait dans une famille pour que les membres se cimentent ou pas ? Ça c’est une question intéressante.

    On parlera aussi de musée avec ces objets que tout le monde trouve inutiles. Pourquoi les garde-t-on ? Quel est ce devoir de mémoire que l’on a ou pas envers des gens qui n’existent plus ? Dont on est même pas sûrs qu’ils aient existé ? Ça aussi c’est une question que l’on peut se poser. Quelles actions un musée peut avoir sur la préservation et la transmission de l’Histoire ?

    Voilà les deux axes qui me sautent à la figure quand Je pense aux Oubliés d’Astrelune mais il y a aussi d’autres points à explorer. Le poids de la culpabilité par exemple avec le pirate Balthazar. Il y a les pouvoirs en place qui veulent cacher des secrets, comme certains membres des familles aussi.

    En bref, dans un seul livre, beaucoup de thèmes traités de manière douce et surtout accessibles pour de jeunes adolescents. De quoi faire réfléchir sur la vie en général mais surtout qui travaille l’imaginaire. L’écriture de l’autrice y est entraînante, poétique… Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde en écoutant cette histoire. Pour ma part, elle fut extrêmement bienvenue avant les vacances car j’avais besoin d’évasion.