Titre : La maison des soleils Saga : La maison des soleils Numéro de tome : 2 Auteurice : Alastair Reynolds Traducteurice : Pierre-Paul Durastanti Maison d’édition : Le Bélial Genre : Science-Fiction Date de publication : 2008 Où trouver le livre ?Cliquez ici
Vous vous souvenez de la Millième nuit ? C’était si bien mais si court. Heureusement pour vous, Alastair Reynolds nous a fait la suite et cette fois -ci, dans un roman. de plus de 500 pages. Si vous vouliez plus de lore dans cette histoire, vous allez être servis ! On est un cycle plus tard et Campion et Purslane ont décidé de se voir plus souvent. On retrouve la maison des Fleurs au moment de leur réunion. Campion et Purslane ont terminé une mission diplomatique sauf qu’ils sont retardés sur le chemin. Pendant ce temps, la maison Gentiane est attaquée. Parallèlement, on suit l’enfance et l’adolescence d’Abigail Gentiane.
Comme l’indique mon petit récap, la maison des Soleils va suivre deux chemins dans son récit. De premier est situé dans le passé où on va voir l’émergence des maisons et comment les maisons ont pris la décision de se disperser dans la galaxie. Certains pour la renommée, d’autres pour la découverte , d’autres enfin, pour la survie. On voit aussi les différentes spécialités des maisons Ainsi que l’histoire de la maison des Fleurs. On y découvre qu’Abigail une profonde solitude ainsi qu’une vraie soif d’aventure.
Dans la lignée temporelle de Campion et Purslane, on y voit les rôles de la Maison des Fleurs. En effet, ce sont des réparateurs de systèmes solaires et des diplomates. Des fois, j’ai cette impression que s’ils ne font pas attention, les membres de la lignée Gentiane peuvent se sentir supérieurs. En effet, ils sont présents depuis 6 millions d’années. Par leurs décisions, ils peuvent tout à fait préserver ou anéantir un système solaire. C’est quelque chose qu’on ne voyait pas du tout , par exemple, pendant la novella. Or, cela explique totalement le comportement de la lignée Gentiane. Qui plus est, on y voit enfin les relations entre les maisons et parfois leurs associations et leurs rivalités.
On se rend compte aussi d’un point essentiel. Les membres de la Lignée Gentiane ne peuvent se souvenir de faits passés, comme vous et moi par exemple. Ils doivent de temps en temps effacer leurs souvenirs. Et imaginez maintenant qu’il y a quelques millions d’années, la lignée Gentiane a pris part à un génocide. On sait qu’aucun membre n’a le souvenir de cet acte. Quelle est la part de responsabilité et de culpabilité que les membres de la Maison des Fleurs doivent garder et ressentir. Ça, c’est une question très intéressante parce que toute civilisation, surtout la nôtre, on ne va pas se mentir, a pu avoir ce questionnement. Vous pouvez totalement lire ce récit et le comparer à Abysses de Rivers Solomons qui traite justement du trauma qu’une civilisation qui a été décimée et maltraitée par une autre. Vraiment, je vous recommande de lire ces deux récits et de les mettre en concordance, vous y aurez un véritable terrain de réflexion dur, pénible, inextricable mais nécessaire, selon moi.
La Maison des Soleils contient tout ce que j’aime dans un roman de Science-Fiction. Ce roman vous fera vivre une enquête très bien menée, des aventures incroyables et beaucoup d’analyses sur notre monde. J’espère que ce roman vous éclairera.
Vous connaissez Margaret Killjoys ? Cette femme trans est née en Décembre 1982 aux Etats Unis. C’est une militante anarchiste, féministe et antifasciste, autrement dit, une personne que j’inviterai sûrement à boire le thé avec joie chez moi et avec qui j’adorerai passer la nuit à parler politique, littérature et musique. Ah oui, parce qu’en 2018, elle a fondé le groupe de Black metal féministe Feminazgul, et je vous recommande vraiment de les écouter. Mais elle ne s’est pas arrêtée là : de 2017 à 2016, elle a été rédactrice en chef de Steampunk magasine. Et en 2009, elle a écrit avec d’autres auteurices comme Alan Moore et Ursula K. Le Guin : Mythmakers and Law breakers : Anarchist writers on fiction. Et croyez-moi, cela me titille grave de me trouver un exemplaire pour cet été. Question roman, il y a une saga en cours d’écriture : Danielle Cain dont le premier tome, L’agneau égorgera le lion qui paraîtra le 13 Septembre 2024 aux éditions Argyll.
Mais là, on va s’intéresser à un super roman de fantasy : Un pays de fantômes et deux mots clignotent si on veut parler de ce livre : Utopie anarchiste ! Ce roman a été publié en 2014 aux Etats Unis et l’année dernière en France en 2023. Il a été traduit par Mathieu Prioux. Qu’est -ce que cela raconte ? Nous sommes dans l’empire Borolien qui est dans une vague d’industrialisation massive et d’expansionnisme. Or, dans les Cerracs, il y a des villages et des villes de montagne. L’Empire se sent évidemment obligé de les envahir. Nous, on suit un journaliste en disgrâce, Dimos Horacki, qui est envoyé au front pour écrire au papier élogieux sur un général. Or, tout se passe mal puisqu’il est capturé par des anarchistes de Hron. Dimos va parcourir ces villages de montagne et observer ce pays.
Au début, Margaret Killjoys nous présente en moins d’un chapitre l’empire Borolien. Il ressemble à une merveille technologique type XIXème siècle avec un super système ferroviaire des usines, des années super efficaces. Par une simple Ballade de Dimos dans la capitale, pourtant, le vernis éclate sous nos yeux. On y voit les quartiers mal famés, les logements insalubres, le grand écart entre les classes. On voit aussi que l’information s’est transformée en propagande parce que Dimos a été mis au placard car il a écrit un article critiquant légèrement le régime. On l’envoie donc sur le front, en le gavant de luxe et de nourriture pendant le trajet pour qu’il écrive un bon papier. Or, sur le front, Dimos voit les réalités de la guerre : les combats sont loin d’être gagnés car, selon les soldats, des terroristes sapent les efforts de la si belle armée qui s’avère être cruelle.
Quand Dimos est capturé par les rebelles, il est très surpris d’être épargné parce que c’est un journaliste. Il désire que ses kidnappeurs sont des anarchistes. Par les yeux de Dimos, on va voir qu’un pays peut vivre selon des règles anarchistes. C’est un peu un programme politique appliqué si on veut. Dimos va poser des questions avec un point de vue impérialiste. Ses convictions vont ainsi voler en éclats au fur et à mesure et il va découvrir une contrée sans argent, avec une économie sociale et avec une low technologie. On comprend aussi pourquoi ces personnes sont considérées comme terroristes par l’Empire Borolien, nous faisant ainsi réfléchir sur la requalification d’un mouvement par le régime en place.
Dans un second temps, ou voit aussi une part de vernis de l’anarchie éclater. On voit bien sûr que ce n’est pas parfait et que l’anarchie elle-même doit être encadrée pour que cela fonctionne. Et pourtant, c’est avec ces « défauts » qu’on se pose des questions sur ce qui serait le mieux pour nous. Parce que cette anarchie fonctionne bel et bien et on se surprend à vouloir parcourir ces contrées plus ou moins accueillantes, plus ou moins justes. On y développe les thèmes les plus divers comme, le travail, l’éducation, l’économie, l’écologie, les relations diplomatiques, le handicap, la solidarité, les relations personnelles et familiales.
Ce roman, en moins de 500 pages, arrive à nous transporter. Margaret Killjoys utilise les récits paniers d’Ursula K. Le Guin : on ne raconte pas un vraiment le récit d’une aventure mais plus un voyage. C’est de ce voyage, ou va se nourrir de différentes vies, de plusieurs modes de vie, de beaucoup de paysages. Et pourtant, ce n’est pas un récit contemplatif car il se passe toujours quelque chose. Et chaque événement, chaque nouveau lieu et chaque nouvelle personne rencontrée vous fera réfléchir sur quelque chose. Ce roman vous fera penser autrement. A vous de voir ce qu’il peut vous offrir, ce que vous pouvez lui prendre aussi.
Ça y’est, c’est la der des der ! La saga principale d’Honor Harrington est lue et deux choses viennent à moi, à chaud : c’était bien et heureusement qu’elle est terminée ! Mais on y reviendra et, évidemment, je ne pourrai pas vous résumer toute la saga parce que cela vous gâcherait tout ! Mais on va tenter de vous expliquer. Dans les années 90, à la louche, l’éditeur de David Weber lui demande s’il peut écrire une saga de science-fiction militaire dont l’héroïne est une femme. Mission Basilic, le premier tome, est né.
On se situe à quelques milliers d’années dans le futur. L’Humanité s’est répandue dans la Galaxie. On appelle cela la Diaspora. A chaque système correspond une civilisation. En gros, on a transposé la situation politique mondiale à la galaxie. Je grossis volontairement le trait mais vous avez l’idée. Honor Harrington, c’est donc de la SF militaire qui pourrait être réaliste. Nous, on ne va pas s’attarder sur la technologie mais bien l’analyse des sociétés en temps de guerre, d’abord froide puis déclarée et totale.
Dans cet univers, on a une jeune capitaine de vaisseau, Honor Harrington, qui évolue dans ce monde. Et dans ce tome-ci on la voit à la fin de la guerre. Par son parcours, on va voir son évolution dans la flotte mais aussi dans sa vie privée. Autours de cela, on va voir l’évolution du complexe politique et de la guerre. C’est pour cela que cela prend autant de tomes car David Weber prend le temps de développer autant les personnages, les intrigues personnelles mais aussi les intrigues politiques.
Beaucoup ont dit que la saga Honor Harrington est une saga féministe et à cela, je vous dirai oui et non à la fois. Au regard des années 90, cette saga a beaucoup fait pour l’émancipation des femmes. Dans le sens où, à l’époque, on se posait la question de savoir si les femmes pouvaient intégrer l’armée. Et oui, faut comprendre dans le contexte. Qui plus est, à l’époque, le parole visé de la Science-Fiction militaire était… des hommes ! Et oui ! Et le fait de lire les aventures d’une femme officier qui est aussi capable qu’un homme a contribué, pour certains hommes, à ne plus se demander si une femme a sa place dans l’armée. Ça, mes petits lapins, c’est le pouvoir du récit et David Weber a contribué à son échelle à une émancipation de certaines femmes. Au regard de ces faits, oui, bien entendu que cette saga est féministe
Mais ! Honor Harrington est un personnage écrit comme un homme. Et autant dans les années 90, je trouve cela plutôt évolutionniste, autant maintenant cela vieillit un peu. Car on reste dans ce cliché de : si une femme a les mêmes caractéristiques qu’un homme, alors elle peut réussir. A vouloir valoriser son héroïne, David Weber la rend trop parfaite. De plus, pour que la saga tienne la route, il inclut beaucoup d’analyses politiques et de stratégie militaire. Cela explique, selon moi, le fait qu’au bout de 14 tomes, j’ai été très heureuse de lire cette saga mais heureusement qu’elle est terminée parce qu’on commençait à s’embourber un peu.
Aussi, j’ai plutôt tendance à dire qu’Honor Harrington est plutôt un tremplin offert par un sympathisant de la cause qui a fait ce qu’il pouvait avec les armes qu’il avait à l’époque. Alors oui, je pourrai ergoter un petit peu en disant qu’une autrice aurait pu l’écrire cette saga et faire un truc encore meilleur ! Mais aurait-elle eu le même succès ? Voire, aurait- elle été publiée ? C’est pour cela que la saga Honor Harrington, même si parfois, elle me fait un peu mal , je la considère avec respect. Déjà, c’est une des sagas qui m’a fait dire que la SF militaire, et bien j’aimais bien cela. Oui, l’héroïne a subi des traumas dans cette guerre mais l’auteur a bien fait attention de ne pas franchir la ligne. Comme je le disais plus tôt, il a fait avec ce qu’il avait et dans les années 90, on avait cette vision-là d’une femme forte. Enfin, cette saga nous permet de voir le chemin parcouru, depuis trente ans maintenant, pour les héroïnes de Science -Fiction et même aussi pour les autrices de Science -Fiction.
Si vous êtes curieux et que vous avez le temps, jetez-vous dans cette saga. Il existe aussi quelques spin off que je lirai sûrement un jour parce que je trouve cet univers très bien construit. Et quel plaisir de voir dans cet univers des femmes parler entre elles de politique et de stratégie militaire ou même de génétique sans qu’un homme leur démontre que ce sont des idiotes ou des faire valoir ou pire, des trophées. Rien que pour cela, Honor Harrington mérite une place de choix dans votre petit cœur de lecteur. Allez, on se retrouve bientôt dans le Honorverse !
Pendant le club de lecture de Choixpitre, on a eu un thème bleu. Et Aline, elle nous a présenté une super bande dessinée. Et comme en ce moment, j’ai envie de lecture sympa et visuelles, alors je me suis dit qu’on allait prendre une Bande dessinée avec des cachalots dedans. C’est mignon , ça ! en fait, j’étais partie à la base pour vous chercher un truc sur les dauphins mais mon fils aîné m’ a appris il n’y a pas longtemps que les dauphins étaient des violeurs en série mais qu’on ne retenait jamais cette information parce qu’ils étaient trop mignons. Heureusement que cela n’arrive jamais dans la vraie vie avec des humains.
Sur ce, penchons nous un peu sur cette Bande dessinée qui est une adaptation d’une nouvelle de 2008 du même nom : La vieille anglaise et le continent écrite par Jeanne A. Debats que je connaissais d’ailleurs pour un autre de ses romans : Métaphysique du vampire. Ne m’en demandez pas plus, je me souviens juste que la lecture était agréable mais je n’ai pas eu de réflexions qui m’ont sautée à la gorge (petit jeu de mot gratuit) quand j’ai terminé le bouquin. Cette Bande dessinée a été scénarisée par Valérie Mangin qui est connue notamment pour des scenaris de Alix et d’Abymes. Les illustrations et la colorisation ont été faits par Stefano Martino qui a fait des comics tels que Doctor Who, Stranger Things ou Nosferatu.
Et pourquoi ce titre pourrait vous titiller, je le répète ici : La vieille anglaise et le continent, c’est parce qu’il est un peu le contraire d’une autre novella extrêmement connue appelée Le vieil homme et la mer d’Hernest Hemingway. Pour rappel, cette histoire a été publiée en 1954, de mémoire et a rendu célèbre cet auteur. Le vieil homme et la mer, cela raconte le combat épique de Santiago, un pêcheur cubain, contre un Marlin. En perdant ce combat, le merlin perd la vie mais gagne le respect du pécheur et on est sûrs que cela aura adouci ses derniers instants. Sauf que ce poisson est beaucoup trop gros pour aller dans la Barque du pécheur qui doit l’arrimer à son embarcation. Sauf que, des requins passent par là et bouffent le marlin. Le pêcheur va donc revenir uniquement avec la tête et l’arête dorsale du poisson mais a retrouvé son honneur. C’est un super roman très actuel que je vous conseille de lire, surtout au regard de la vie actuelle mais on a dit qu’on parlait Bande dessinée et voyons si l’histoire est aussi contraire que le titre.
La vieille anglaise et le continent, c’est l’histoire d’Ann Kelvin, une vieille femme mourante et activiste écologique. Petit instant définition parce que, en ce moment, on associe très fort l’écologie au terrorisme et comme la subtilité cela ne marche pas très fort c’est parti… L’activisme écologique, c’est une doctrine qui prône l’action engagée, souvent aux limites de la légalité, pour la sauvegarde et la protection de l’environnement. Je vous clouerai bien des exemples tradi tradi qu’on avait tous via la télévision mais vous savez, les dauphins, tout ça…
Notre Ann, à la fin de sa vie, elle se voit proposer la transmnèse. Ça, c’est un truc de science Fiction qui permet de transférer un esprit humain dans un animal qui vient de mourir. Ici, un cachalot. Comment ils ont pu développer cette technologie ? On en reparlera plus tard, z’ inquiétez pas.. Mais ce n’est pas pour que prolonger sa vie, qu’on fait ça, c’est qu’on va faire de ce cachalot un patient zéro pour un virus. Ce virus est inoffensif pour les animaux marins mais, pour les humains qui continueraient à manger des cachalots ou des baleines, les effets secondaires seraient très désagréables.
Ça c’est du pragmatisme économique comme je les aime parce que, on a beau répéter à l’Humanité que la pêche en gros, c’est pas fou pour les océans, qui représentent 2/3 de la surface du globe, on le rappelle, et bien y’en a toujours une grande majorité pour resquiller et on peut appliquer cela à des tonnes de principes que je ne vous développerai pas ce soir pour préserver le peu d’estomac qui me reste mais venez sur le serveur du Coin Pop, je me ferai une joie de vous les développer. Ce qui faut retenir de ce principe, c’est qu’en supprimant la demande, ou supprime l’intérêt économique. Simple et efficace. Mais l’autrice va beaucoup plus loin que cela : n’oubliez pas le titre, ou est sensé attendre le résultat d’une grande bataille entre Ann Kerling et le continent.
Déjà, dès la première Bulle, on a de la sympathie pour cette dame car ce qu’on lit d’elle est une réflexion sur son nouveau corps de cachalot : « J’ai ‘Bien fait de choisir le corps d’un grand mâle. Être une femelle et subir le rut d’un partenaire de quarante tonnes… Désolée, mais j’ai passée l’âge. Dans l’eau en plus… Déjà qu’à l’air libre…. » Quand on m’a présentée cette Bande dessinée au club de lecture chez Choixpitre, c’est ce qui m’a de suite fait rire et gagner la sympathie de ce personnage. Et pourtant, Anne n’est pas sympa du tout : c’est un personnage dur, solitaire, acariâtre. Bref, une femme indépendante quoi. Grâce à la transmnèse, elle va découvrir une vie plus douce et réapprendre à se sociabiliser grâce aux animaux marins. Sauf que, ce ne sont pas les prédateurs qui sont les plus dangereux mais bien les humains.
En parallèle, on va s’interroger sur le fait d’inoculer un virus à des pauvres animaux qui n’ont pas demandé d’être ni malades ni exterminés. Mais en passant d’état d’humain, donc de position dominante, à état d’animal, donc d’espèce en voie de disparition, ou a tout de même cette réflexion sur la cause et l’activisme. En tant qu’humain, qu’est-ce qui pousse un groupe de personnes à s’en prendre à sa propre espèce pour des idéaux. Certes, ces idéaux sont vitaux pour l’humanité mais personne ne les écoute pour une question de profit. Ils en sont donc à choisir entre peste et choléra. En tant que cachalot, Ann doit provoquer une maladie à d’autres animaux avec qui elle a tissé des liens pour sauver une autre espèce. Ça change tout- de jouer avec la santé d’un groupe abstrait qu’avec des personnalités que l’on connait. Rien qu’avec ce type de réflexions, je trouve que ce récit est très abouti et permet vraiment des réflexions sur la mortalité, l’activisme, la vision de centaines personnalités, les dauphins et ce que l’on retrouve dans nos assiettes.
Mais l’autrice ne va pas s’arrêter là. Souvenez-vous on parlait de cette fabuleuse technologie qu’est la transmnèse. On découvre dans cette histoire d’où vient le financement de cette technologie. On va ainsi pouvoir réfléchir là-dessus, sur les sources de financement et l’utilisation des groupes activistes par des groupes privés. Je n’en dis pas plus pour ne pas non plus trop divulgâcher mais dans un contexte où on vous balance pas mal de promesses et de grandes vérités, demandez vous bien pourquoi. Et surtout quel en sera le prix.
Allez découvrir ce récit et si vous préférez le format BD, prenez son adaptation. Ce n’est pas mon type de graphisme préféré mais c’est joli. Et boycottez les dauphins.
Quand au évoque Alastair Reynolds, si on parcourt un peu sa biographie, on se dit de suite que ça va envoyer du lourd. Alors oui, vous découvrez de ce pas un de mes péchés mignons : je google-ise les noms des Auteurices que je lis, parce que, primo, ou est pas à l’abri de lire quelqu’un qui a des dossiers, et secundo, parfois, cela éclaire totalement la lecture d’un roman. Et bien, Alastair Reynolds est né en 1966 et il est Gallois. Il lit de la Science-Fiction depuis qu’il a huit ans avec des auteurs comme Asimov et Arthur C. Clarke. C’est presque sans surprise qu’il devient astrophysicien et que « pour s’occuper » entre deux tests sur des optiques pour télescopes à l’Agence Spatiale Européenne aux Pays- Bas, il écrit des romans et des nouvelles de Science-Fiction. C’est depuis 2004 qu’il se consacre uniquement à l’écriture. Souvent, les Amateurices de Science- Fiction le connaissent pas son cycle des Inhibiteurs et, pour ma part, je le connais par un roman de la franchise Doctor Who : La moisson du temps, et pour un one -shot : Vengeresse.
On dit de lui qu’il écrit de la hard SF qui, en fait, est un genre de science -fiction dans lequel les technologies, les sociétés et leurs évolutions sont possibles si on prend en compte le progrès technologique au moment de l’écriture du roman. Genre, Fondation , le cycle des robots, c’est de la hard SF. Donc, vous oubliez la téléportation, les voyages plus rapides que la lumière du soleil et autres joyeusetés. Fun Fact, Jurassik Park, c’est de la Hard SF aussi. Donc n’allez pas imaginer non plus que vous n’allez rien comprendre. Tout dépend, en fait, de la capacité de vulgarisation de l’auteur et de sa plume, évidemment. L’exercice ici est encore plus délicat car la Millième Nuit fait partie de la collection Une heure Lumière de Le Bélial. C’est donc un format court.
Mais de quoi va-t-on parler ici ? Au fil des millions d’années, l’humanité s’est dispensé dans toute la galaxie et a soudé pleins de nouvelles civilisations. Dans tout ce vivier, il y a mille clones appelé la lignée Gentiane : ils sont tous issus du patrimoine génétique d’Abigail Gentiane et leur but, c’est de parcourir la galaxie séparément et de tout se raconter tous les deux cent mille ans en partageant leurs rêves. et la millième nuit, ils élisent le plus beau rêve.
Le concept est super intéressant en plusieurs points. D’abord, ce sont des clones quasi immortels parce que, rappelez vous, on a la contrainte technologique. Or, la galaxie, c’est super grand et on ne peut pas la parcourir en 12 parsecs (vous avez vu mon petit point Star Wars, là ?). Il a donc fallu modifier des corps génétiquement pour qu’ils aient assez de temps pour tout voir car cela fait 6 millions d’Années que cela dure. Cela aussi explique les clones : c’était apparemment le souhait d’Abigail Gentian de découvrir la galaxie, mais pour tout voir et tout comprendre, il a bien fallu mille clones. De là, c’est aussi logique qu’ils partent séparément, pour se forger des expériences différentes. D’où leur interdit un peu bizarre aussi de ne pas être en couple au sein de cette communauté : déjà, l’inceste est un tabou social légendaire mais surtout, il ne faut pas perdre de temps.
Nous, on suit deux clones : Campion et Purslane. L’un est de sexe masculin et l’autre de sexe féminin. On les soupçonne d’ailleurs d’être en couple. Mais là n’est pas le plus important ici. Campion doit organiser les Mille Nuits car il a gagné la saison précédente. Quant à Purslane, elle découvre une incohérence dans un rêve : ça veut dire qu’un clone a menti sur une expérience et c’est aussi interdit. S’annonce une enquête pour découvrir pourquoi il y a eu ce mensonge.
Par cette simple nouvelle, on a déjà pleins de pistes de réflexion. La première, c’est que ce n’est pas le patrimoine génétique qui nous conditionne, nous façonne mais bien le vécu. On a dans cette nouvelle la description de plusieurs clones et non, ce ne sont pas des Storm troopers première génération que nous avons là mais des personnalités très variées. Au mieux, ou peut dire que ces clones font juste partie d’une civilisation car 6 millions d’années les ont fait évoluer différemment. Par là même, on se pose des questions sur le fait d’être en couple. Ces clones sont immortels et stériles. Le fait de les voir si différents vous fait complètement oublier qu’ils sont issus de la même souche génétique. C’est amusant comment la perception de nos idées peuvent changer sous la plume d’un auteur, non ?
Enfin, on va réfléchir sur ces rêves. Est-ce si grave de modifier ou de mentir sur un rêve ? C’est le récit de deux cent mille ans de l’Histoire de l’Humanité. Est-ce que ce temps d’observation est soumis à l’interprétation ? Parce que ce que l’on voit ou même ce que l’on choisit de voir dépend de notre personnalité. Pour prendre un exemple, Campion a décidé de ne diffuser que ses visions de coucher de soleil pendant ces retrouvailles et on lui fait la réflexion que c’est une perte de temps ! Or, il a été le témoin de ces couchers de soleils. Qui décide de ce qui est important de retenir et de raconter ? Cela montre ainsi les défauts de l’Histoire avec un grand H.
Sinon, oui, je vous rassure : l’enquête sur les souvenirs modifiés est un vraiment prenante et bien menée. Et oui, il y a potentiellement un complot plus important derrière tout ça. Mais pour le savoir, il faudra lire, mes petits enquêteurs de l’espace.
La plume de l’auteur est très agréable à lire et j’ai vraiment eu l’impression qu’il se met à notre niveau pour nous expliquer les différentes théâtres et réflexion de ce livre. Alors oui, soyez tout de même attentifs à la lecture mais il est une nouvelle facile d’accès et c’est un très bon terrain pour les jeux de l’esprit. On se dit à très vite pour la suite, en version roman cette fois-ci : la Maison des soleils. Et vous verrez qu’on aura de quoi chauffer vos petites neurones avec le deuxième tome.
Pardonnez mon retard mais j’ai bien loupé le Agatha Christie du mois. La faute à .. Je n’ai pas eu assez de temps pour écrire ma petite chronique. Mais que cela ne vous dispense pas d’écouter l’épisode dédié d’Agatha Crimstie, car personnellement, je l’ai bien écouté.
Mine de rien, on en est quand même au quinzième tome d’Hercule Poirot. Ça passe tellement vite ! On pourrait penser qu’on se fatiguerait à la longue de ce personnage mais pas du tout car l’autrice réussit ce petit tour de force de renouveler son écriture en utilisant les mêmes ingrédients. On dirait moi avec mes plats de pâtes. Alors oui, si vous vous posez la question, j’attends le temps de la cuisson des tagliatelles en écrivant et c’est aux légumes rôtis ce soir.
Mais revenons à Hercule Poirot. Dans Mort sur le Nil, notre enquêteur préféré va au restaurant et y croise un couple extrêmement amoureux, Au point qu’il trouve que cela pourrait-être dangereux. Quelques semaines plus tard, il part en croisière sur le Nil et rencontre l’homme marié à une autre femme.. Quant à son ex fiancée , elle s’amuse à apparaître tout le long des étapes.. Qu’est-ce qui pourrait bien se passer ?
Depuis le dernier tome, le décors reste l’Egypte, pays où se rend régulièrement l’autrice car elle accompagne son mari archéologue . Elle a donc expérimenté comme bon nombre de ses contemporains un peu aisés les croisières sur le Nil. Aussi, ce roman, c’est un peu une fenêtre ouverte sur l’époque d’Agatha Christie. Comment les personnes faisaient les croisières, comment ils se comportent sur les bateaux et les hôtels, À quoi ressemblent les excursions. C’est aussi un formidable moyen pour les lecteurices de son époque de voyager. Parfois, je me demande même si les aventures d’Hercule Poirot ne sont pas un moyen détourné de faire de l’Instagram avant l’heure. Allez savoir.
Et donc ! Le décors est incroyable, le personnage d’Hercule Poirot est toujours aussi attachant et on a toujours le reflet de la haute société anglaise qui reste dans le quant à soi. Mais l’intrigue ? The murder of the day ? Et bien, c’est toujours aussi carré -carré donc passionnant à lire. On se prend vite au jeu des indices et, pendant quelques heures, on se prend vraiment pour un détective . C’est encore un super roman que nous a servi Agatha Christie et si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à jeter une oreille chez Delphine et Greg. Ils vous en apprendront sûrement !
Pour comprendre pourquoi j’avais précommandé ce livre dès que j’ai eu vent de sa sortie, il va falloir qu’on s’explique un petit peu, vous et moi. Quand on me demande quel est mon genre préféré, je réponds très spontanément : La Science Fiction. Et pourtant, quand on regarde mes spots de lecture, j’avoue qu’on trouve beaucoup de Fantasy, de policier et d’historique. Je trouve que lire de la Science Fiction, c’est exigeant : pas tant dans la difficulté de la lecture car tout le monde peut lire et apprécier de la SF mais c’est le lectorat lui même qui l’est. Déjà, on a affaire à des fans très hardcore : si vous n’avez pas lu tout Fondation, tout Pierre Bordage, si vous n’avez pas en tête toutes les références, vous aurez vite le sentiment de ne pas être légitime. Pire encore, je vous rappelle que je suis une femme d’une quarantaine d’années et je fais partie d’une génération où une femme qui aime de la Science Fiction, ce n’est pas commun, c’est même un peu bizarre. Je ne vous raconte pas les regards incrédules de certains hommes quand je dis que j’ai un avis très tranché sur Dune et même que j’ai compris l’œuvre. Les femmes qui lisent de la SF ont des tonnes d’anecdotes qui vont dans le même sens dès qu’on s’attaque un petit peu aux classiques, vous verrez, c’est un régal.
Mais quand on aime de la Science Fiction et qu’on est une femme, c’est difficile de se retrouver dans ces histoires, surtout dans les classiques et les incontournables. Comme le dit Alice Zeniter dans son essai Je suis une fille sans histoire et recommandé par Futur au pluriel, et c’est encore plus vrai dans la Science Fiction, les récits les plus courants, c’est l’histoire de mecs qui font des trucs. Alors oui, on a parfois de bonnes histoires de femmes qui font des trucs comme Honor Harrington ou Katniss Everdeen. Mais soyons honnêtes deux minutes : on a juste mis un filtre féminin sur un protagoniste aux caractéristiques bien masculines.
Depuis des années maintenant, je suis sur les réseaux une autrice du nom de Ketty Steward. Vous allez me dire : cela tombe bien, tu es en train de nous recommander son essai. D’abord sur X, anciennement Twitter : elle a fait des nanowrimo qui sont maintenant aussi disponibles sur BlueSky et j’avoue que c’est un de mes plaisirs de les lire quand je tombe dessus. Le but ? Écrire sur un mot en un tweet tous les jours. Et puis, je l’ai suivie aussi au travers différentes retranscriptions de conférences sur l’imaginaire. Ce n’est que très récemment que je me bouscule un peu pour aller chercher ses publications qui sont le plus souvent dans ma pile à lire, je n’ai pas à aller chercher bien loin. Et pourtant, Ketty Steward, je l’aime bien, je peux vous recommander ses livres sans même les avoir lus parce que j’ai l’habitude de son écriture.
Je vous rassure, j’ai bien lu Futur au pluriel mais cela fait aussi réfléchir sur comment un.e auteurice peut être reconnu. Comme un Frank Herbert parce qu’il a écrit de grosses pavasses reconnues comme étant des monuments ? Mais si je ne connais pas Dune comme les fans le connaissent, comment je peux vous faire aimer l’écriture de Frank Herbert ? Alors que Ketty Steward, je la connais artistiquement. C’est une scientifique, c’est une artiste, c’est une psychologue. Elle écrit sur les réseaux, elle participe à des entretiens, et oui, à l’heure où je vous fais ma recommandation sur Choixpitre, j’ai lu deux autres livres de cette autrice. Par contre, je peux vous parler pendant deux heures de son style, de son humour, de ses idées et quand elle a sorti son essai que je suis en train de vous vanter, je sais qu’elle va me faire rire, qu’elle va me faire réfléchir et surtout qu’elle va me donner des solutions.
C’est aussi pour cela que je vais vous dire que Futur au pluriel réparer la science Fiction, c’est bien plus qu’un essai sur la SF. Parce que j’ai bien conscience que de vous convaincre de lire un essai sur un genre bien spécifique, je ne ne vais pas en emballer des masses. C’est plus un livre discussion en fait. C’est comme si Ketty Steward vous trouvait comme moi je vous trouve en podcast en fait, et qu’elle vous parlait de Science Fiction, en lâchant un peu les vannes sur le sujet. Sans filtre, à cœur ouvert. et en vous invitant à trouver des solutions.
Parce qu’en littérature et pas seulement en SF selon moi, on a de vrais problèmes et la France les conserve bien. Et là, je rebondis sur ce que j’ai vu dans cet essai. On a une société qui évolue à toute vitesse en ce moment. Or, les têtes d’affiche en littérature sont composées de quoi? Allez voir votre libraire et vous verrez vous même. En majorité d’hommes blancs. Et c’est encore plus flagrant dans la SF. Je vous pose la question tout simplement : Où sont les auteurices femmes, trans, non binaires et racisés ? Car en terme de la population française, on est d’accord qu’elle n’est pas faite de 3/4 d’hommes blancs sinon effectivement, je comprendrai qu’on ait un vrai problème de fertilité et de renouvellement de population. Et le talent de l’écriture, il ne pope pas juste sur ce type de catégories de personnes. Donc la questions est là : Est ce que seules les hommes blancs écrivent ? Je ne pense pas. La véritable constat, c’est que les autres auteurices n’ont pas leur place. Ou ils n’osent pas se lancer dans l’écriture et/ou ne demandent pas à être publiés, ne se sentant pas légitimes ou capables. Ou alors les maison d’édition n’osent pas ou ne veulent pas les publier.
Or, si on conserve la même représentation d’auteurs. Et bien on s’encroute. On continue à publier le même genre de récits. Je vais même plus loin que Ketty Steward sur ce point : on achète moins de livres, ne se reconnaissant pas dans les publications. Alors ? Et bien on peut agir dans les deux sens, bien entendu. Les maison d’édition peuvent promouvoir plus de diversité dans les auteurices mais aussi dans les types de récits, ce qui commence à se faire timidement d’ailleurs. Et nous, bien entendu, nous pouvons acheter plus de livres qui correspondent à nos univers.
Parce que, qu’est ce qui vous dit que le roman est le format qui vous convient ? Et la nouvelle ? Et les récits à plusieurs mains? Et l’audio ? Et les comics, Bd et Webtoons ? Et les tweets (sisi, il y en a de bien), Pourquoi sacraliser le roman à tout prix ? Prenez cet essai. J’ai passé un excellent moment alors que ce n’est pas de la fiction, ni un roman. C’est un essai mais cela ne veut pas dire qu’il n’est pas accessible à tous. Il n’y a pas de mots pour un livre discussion ? Un livre à idées ? Dans l’autre sens, si Ketty Steward a écrit ce roman à la base, c’est parce qu’on lui a encore demandé de travailler sur de l’afrofuturisme. Et je ne vais pas vous mentir, la première conférence où je l’ai écoutée, cela parlait justement de cela. Bordel, elle est diplômée en mathématiques, en science et en psychologie. Elle ne serait pas plus qualifiée de parler, je ne sais pas moi : d’un recueil de poésie sur les enjeux de l’environnement si jamais cela lui fait plaisir ? Où comment écrire un bon recueil de nouvelles ? Ou comment apprendre l’écriture libre ? Peut être même qu’elle vous convaincrait d’écrire un recueil par la même occasion . On sait pas ! Et je vous lance des sujets au pif au mètre, ne lui demandez pas demain matin quand sortira son livre sur les transports en communs en Science Fiction, il n’existe pas. Mais Ketty Steward est autrice depuis 20 ans : pourquoi je ne la vois pas plus en kiosque ! Si elle était une autrice sans talent, on ne lui demanderait pas de participer à des conférences sur la littérature !
Dans son essai, on va aussi parler d’horizons. Et promis, on ne parlera pas de tous les thèmes, sinon ce Choixpitre va être interminable et vous n’aurez plus le temps de lire Futur au pluriel. Il faut arrêter en littérature et dans la vraie vie d’être occidentalocentré. C’est vital dans les deux sens mais pour parler de littérature, parlons un peu de traductions. Il y a des choses merveilleuses qui sont publiées hors Europe et hors Etats Unis mais que les traducteurices soient aussi formés à la culture des auteurices qu’ils traduisent. Oui, c’est plus le cas maintenant qu’il y a 20 ans mais on trouve encore des non sens de folie parce que la personne qui traduit a une vision occidentale. Et pour en parler, l’autrice le fait de manière beaucoup plus ludique et beaucoup plus pertinente mais sachez que depuis que je lis aussi de la Science Fiction asiatique, africaine et sud américaine, je découvre tellement plus de terrain de réflexion que nos bons vieux auteurs français et anglo saxons. Alors brisez les barrières et aventurez vous de temps en temps chez d’autres genres, d’autres contrées, d’autres manières de penser.
On s’arrête là pour le développement des idées car je n’ai fait que gratouiller la surface et mêler mes idées à celles de ce livre. Et oui, ce n’est pas une recommandation habituelle mais plutôt un peu de discussion entre vous et moi, à sens unique pour le moment, mais peut être que cela vous ouvrira une porte et que vous souhaiterai en discuter sur les réseaux ? Sur le discord de Podcut ? Dites vous juste que ce que je viens de vous parler, c’est une vision de ce que j’ai de cet essai maintenant. Mais si dans six mois je le relis (ce qui arrivera peut être, il est toujours sur ma table de chevet), je suis certaine que je peux vous refaire un épisode totalement différent.
Poser des problèmes, faire des constats, c’est bien mais réfléchir, c’est tellement mieux ! Proposer et trouver des alternatives, ce ne serait pas l’idéal ? Si évidemment ! Et Ketty Steward a fait ce que je préfère à la fin de son essai : elle a fait une Koré bien entendu ! En fin de livre, vous avez bien entendu une liste de lecture en SF où vous pourrez agir avec votre portemonnaie. Et vous aurez une liste en différentes catégories comme :
Des femmes en Science Fiction
Du queer SF
Des normalités multiples
De la SF et des minorités ethniques occidentales
De la Sf du monde non occidental
De la science
Des écritures collectives
Des inclassables
Avec sa liste, vous trouverez forcément un récit qui vous conviendra. Pour ma part, j’en ai trouve que j’ai lu, d’autres qui sont dans ma pile à lire et d’autres enfin qui seront dans mes prévisions d’achat. C’est une liste qui devrait être diffusées plus souvent et rien que pour elle, pour ce travail là : ce livre mérite d’être acheté ! Et pourtant, vous savez maintenant à quel point j’aime le travail de cette autrice alors qu’est ce que vous attendez ? On en discutera après si vous voulez !
Quand Jean-Philippe Jaworski annonce qu’il écrit une nouvelle saga de fantasy historique, je sais déjà que cela va être formidable. Je l’avais découvert avec Gagner la Guerre, premier tome des récits du Vieux Royaume puis je suis devenue vraiment accro avec la saga des Rois du Monde. J’ai commencé joyeusement la saga du Chevalier aux épines avec le premier tome appelé le Tournoi des Preux et, me rendant compte qu’un certain Don Benvenuto allait revenir, je ne pouvais que relire Gagner la Guerre. Il faut bien maintenant entamer le conte de l’assassin
Mais revenons au début : que raconte saga du Chevalier aux épines ? A la Cour ducale, la duchesse de Bromael a été jugée pour adultère. Elle a été répudiée et emprisonnée. Un chevalier aurait pu la disculper mais n’est pas venu au procès. C’est Aedan de Vaumacel. Le duc se remarie et un an plus tard, le Chevalier réapparait. Un tournoi entre les deux parties s’organise mais la guerre est aux portes du duché. Dans ce deuxième tome, un personnage bien connu du roman Gagner la Guerre, entre en scène. Mais pourquoi ? C’est-ce que ce tome va nous révéler.
Jean-Philippe Jaworski revient au fameux tournoi et nous le revivrons du point de vue de Don Benvenuto. Ainsi, l’auteur nous donne bien évidemment un autre point de vue de la bataille et je dois dire que j’ai beaucoup aimé l’exercice de style. Et vu le personnage, à la fois assassin et espion, on devine bien vite pourquoi la République de Ciudalia a un intérêt dans cette affaire. De roman de chevalerie, ou passe à un roman d’analyse politique et d’espionnage. On pourrait croire que cela ralentirait le rythme mais pas du tout Ce n’est pas parce que nous changeons un peu de style que ce roman va perdre sa caractéristique principale : son côté épique.
Ce deuxième tome promet un final grandiose. J’ai hâte de la conclusion de cette saga. On pourrait avoir des doutes sur les capacités de l’auteur à maintenir la qualité du récit mais croyez moi, cet homme n’en est pas à son galop d’essai.
Il y ‘a dix ans maintenant (déjà ?) Je découvrais l’autrice Nnedi Okorafor avec son livre Qui a peur de la mort ? Ce livre a marqué un tournant dans ma vie de lectrice parce que j’ai découvert des histoires nouvelles, inédites pour moi. Mais on va replacer un peu de contexte là dedans et hop : qui est cette autrice ? C’est une romancière américaine d’origine nigériane qui écrit à la fois de la fantasy et de la science-fiction féministe. Pour exemple du petit raz de marée qui a été Qui a peur de la mort ?, ce roman a obtenu le prix World fantasy du meilleur roman en 2011.
Dans les thèmes qu’elle propose, il y ‘a déjà un lieu : l’Afrique et maintenant c’est un peu plus courant dans les écrits mais dites vous bien qu’il y a dix ans, en France, lire de la Science-Fiction africaine écrite par une autrice femme et racisée, c’était une petite révolution. On exit alors le héros de fantasy occidental qui va sauver le monde ou l’héroine telle une Guernièvre qui va tout faire pour sauver son peuple et trouver le bon mec. Ici, on a des femmes qui sont certes victimes des hommes parfois, de la guerre aussi mais qui n’ont pas besoin d’eux pour tracer leur chemin.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu du Nnedi Okorafor et, en parcourant ma liseuse en quête de quelques prévisions de lecture, voilà-t-y pas que Kabu Kabu était en attente. Il n’a suffit que de quelques soirées fatiguées pour que je m’oriente vers ce recueil de nouvelles, certaine que je risquais moins de m’endormir au milieu d’un chapitre. Et puis, si vous me connaissez un petit peu, vous savez mon amour des recueils de nouvelles. Vous êtes prêts pour un petit tour de celles -ci ?
Déjà, on va commencer par mon éclat de rire, ce par quoi tout a commencé il y’ a dix ans pour moi : la révélation qu’il y a autre chose dans la littérature qu’un Géralt de Riv avec sa grosse épée. Le nègre magique, c’est Lance le Brave qui est cet exact stéréotype. Il est bloqué en haut d’une falaise avec un artefact magique qu’il ne sait pas utiliser. Un sorcier Africain apparait pour le sauver, comme de bien entendu. Sauf que… c’est Nnedi Okorafor qui tient la plume. Osez et vous comprend .
Dans Kabu Kabu, c’est un peu la folie. Ngozi est une Américaine qui doit aller au Nigeria pour le mariage de sa soeur. Mais elle est en retard et elle tombe par hasard sur au taxi clandestin, qu’on appelle un Kabu Kabu chez elle. Elle va arriver à destination mais de manière bien étrange
Dans la tache noire, c ‘est un conte de deux frères mais un conte bien cruel. Cela parle de haine entre deux peuples et des conséquences sur les enfants métis nés d’un viol ou pas. Avec cette nouvelle, on quitte la légèreté pour retomber dans les thèmes de l’autrice.
Tomaki est aussi belle et triste que la nouvelle précédente. Dikeogu est un méta humain et doit faire réparer sa machine. Il tombe dans le magasin sur une femme portant une Burqa : Tomaki. Une histoire d’amour sous fond de religion et de haine des méta humains nait de cette rencontre. ici, on ne voit pas la Burqa comme nous les occidentaux : un instrument d’oppression des femmes. Ici, la Burqa permet justement l’anonymat pour des femmes oppressées par la religion. Belle piste de réflexion, non ?
Avec Comment Inyang obtint ses ailes, les vents de l’Harmattan et les coureurs de vent et Biafra, on garde le même thème des méta humains mais avec des époques différentes et des contextes différents. Est-ce que la fin sera différente ? A vous de le découvrir.
La maison des difformités, c’est une nouvelle horrifique qui met un peu mal à l’aise. C’est un peu comme dans Northanger Abbey de Jane Austen mais à la sauce Stephen King et Nnedi Okorafor applique cela sur deux adolescentes qui retournent au Nigeria par voir la famille de leurs parents et qui apprennent qu’il y a une vague de disparition d’enfants.
On continue dans la nouvelle horrifique Avec le Tapis ,deux soeurs achètent un tapis pour la nouvelle maison de leurs parents. Surprise quand elles arrivent, la maison a été vidée de son contenu. La nuit venue, les deux soeurs sont réveillées par des grattements mystérieux.
Sur la route, on part sur le clash entre traditions et modernités : une Américaine retourne au Nigéria pour voir sa tante et sa grand mère . Elles l’accusent d’avoir perdu son instinct Nigérian J’en dis pas plus mais on est entre le conte et la nouvelle horrifique .
Icône, c’est très bizarre. Deux aménicains vont dans un village pour chercher un groupe de terroristes. il se passe des trucs. On parle de journalisme et comment voir des groupes terroristes peut vous changer.
Popular mechanic…. On est toujours au Nigéria où les Americains exploitent le pétrole au détriment des Nigérians. Un homme se fait amputer le bras suite à un incident de pipeline . Il récupère un bras bionique suite à des expérimentations médicales, et pour ceux qui se demandent : oui, cela arrive souvent dans la vraie vie. Cet homme va utiliser ce bras pour piquer du pétrole aux Américains. En cela, j’ai beaucoup aimé cette nouvelle.
Dans l’artiste araignée, l’autrice reprend au thème cher aux Amateurices de Science -Fiction : l’éveil de la conscience des robots. Ici, c’est avec une jeune femme et sa guitare
Bakasi, c’est l’histoire d’une croyance en la magie de la bosse d’un bossu. Mais que se passe-t-il quand un bossu se prend de passion pour la politique ? Il devient un dictateur ! Cette nouvelle nous fait réfléchir sur le pouvoir et le charisme des dictateurs et la force que possède leurs opposants .
Séparés est l’histoire de deux personnes qui ont un coup de foudre. Leur amour est si fusionnel qu’on les considère comme une seule personne. L’arriivée de leur enfant va changer tout cela.
La guerre des Babouins est pour moi une parabole du harcèlement scolaire car, en lisant l’histoire de l’autrice, je sais qu’elle en a été victime. Des adolescentes trouvent un super raccourcis pour aller à l’école mais elles se font attaquer et voler leurs déjeuner par des Babouins. Elle sont effrayées mais elles décident de se battre. Qui va gagner ?
L’affreux oiseau est une nouvelle toute mignonne sur un ornithologue qui cherche à prouver que le dodo a survécu. Il nous montre que cet oiseau est loin d’être stupide mais qu’il est plutôt empathique. Un peu comme quand on parlait du mythe du bon sauvage et de civilisations africaines avant en les qualifiant de primitifs ? Je vous laisse faire le lien.
Le Bandit des palmiers raconte l’histoire d’une jeune fille qui récolte du vin de palme alors qu’elle n’a pas le droit et que c’est interdit aux femmes. Par son acte, une légende nait qui autorisera les femmes à grimper aux arbres et récolter de la sève de palme.
Dans l’homme au long Juju, c’est un conte sur un être surnaturel farceur et une petite fille qui se croit beaucoup trop intelligente. Ce conte est trop mignon et le message sur la confiance en soit est top.
Zula de la cour de récré au quatrième et la fille qui court, cela traite de racisme et de perception des genres quand on est ado. La première, de manière très héroique, avec le parallèle avec Conan le Barbare. La deuxième, de manière plus ancrée dans le réel, car elle fait écho au passé de l’Autrice .
Vous voyez ? Beaucoup de nouvelles avec des thèmes et des genres très différents. Cela démontre le talent de l’Autrice car l’ensemble reste très cohérent et, surtout, très facile à lire. Vous en trouverez forcément une qui vous plaira.
La fille au feu follet est une nouvelle d’Ursula Le Guin. Cela raconte l’histoire d’un peuple, habitant dans une ville et qui s’appelle le peuple Racine. Souvent, ils vont faire des raids pour capturer des jeunes filles qui vivent dans la nature et d’un autre peuple : les filles Poussière. Au travers de cette nouvelle, l’autrice nous montre sans prendre parti les deux cultures de deux peuples, dont l’un asservi l’autre en capturant des femmes qui deviennent esclaves ou épouses. Et elles ne sont pas maltraitées pour autant. C’est donc le récit d’un choc de cultures, d’un choc de religions aussi. Cela montre aussi ce que cela fait quand on est transfuge
C’est un récit panier typique de l’autrice et je me l’étais réservé pour une soirée en week end. C’est une histoire sans enjeux mais cela fait du bien de lire ce genre de récits. Comme toujours, le style de l’autrice est un régal
Dans les autres textes, ou y verra des réflexions de l’autrice sur le marché de l’édition de la part de l’autrice dans Lire sans s’endormir et je dois dire que je suis d’accord avec beaucoup de ses points. J’avoue que je ne connaissais pas non plus le côté poétesse d’Ursula K Le Guin et j’ai beaucoup aimé découvrir ce côté de son œuvre et c’est suivi par un texte de Aurélie Thiria Meulmans qui traite justement de la poésie que produit Ursula K. Le Guin. On poursuit sur un deuxième terrain de réflexion de l’autrice qui s’appelle la Conversation des gens modestes. Elle nous parle notamment de l’évolution de la définition du mot modestie. De l’art élégant est un entretien de l’autrice où on découvre son humour un peu caustique Enfin, on retourne avec Aurélie Thiria Meulmans qui va nous relater la vie d’Ursula K Le Guin.
En conclusion, si jamais vous ne connaissez pas cette autrice et que vous êtes au peu intimidés par son oeuvre je ne peux que vous conseiller La fille feu follet qui est une très bonne porte d’entrée dans son univers. Et en plus, c’est tout petit à lire. Qu’attendez vous ?